INTERVIEW JANA ROUZE – Scrap metal T1

Dans le cadre de la sortie du premier opus de la trilogie SCRAP METAL, j’ai eu l’opportunité de poser quelques questions à Jana Rouze.

Découvrez-en plus sur cette saga qui mêle romance et suspense en abordant des thématiques inédites et percutantes.

1 – Comment as-tu vécu la phase de recherche pour ScrapMetal ?

C’était une période un peu bizarre.

Je venais de terminer d’écrire Effet de Vague sur les violences de masse faites aux femmes, et j’avais du mal à les quitter. Je m’intéressais depuis un moment aux clichés qui circulent sur les sectateurs, notamment en romance. Je voulais en apprendre plus, mais je ne savais pas ce que j’allais découvrir.

J’ai eu la chance après quelques lectures empiriques de rencontrer une spécialiste de la question avec Lorraine Derocher et les idées ont fourmillé dans ma tête. J’étais tellement choquée par le sort des enfants sans acte de naissance…

Il fallait que j’en parle.

2 – Suis-tu un plan précis quand tu écris ?

Écrire la bible audiovisuelle de EDV m’a beaucoup apporté en rigueur.

Pour ScrapMetal, j’ai écrit d’abord le synopsis de toute l’histoire et l’ai découpée, exactement comme dans une bible audiovisuelle de série TV. Trois saisons. Un nombre constant d’épisodes calibrés dans le temps. Des rebondissements à chaque chapitre. Des annonces-paiements pour l’intrigue.

Ensuite, j’ai dressé les arches narratives de chaque personnage.

Enfin, je me suis consacrée à l’écriture de chaque livre.

3 – ScrapMetal aborde des thématiques inédites, est-il important pour toi de sensibiliser tes lecteurs ?

C’est un travers récurrent chez moi : j’ai besoin d’être utile aux autres. À mon petit niveau, je ne savais pas comment faire. Aussi, c’est tout naturellement que j’ai choisi le sujet de ma première série, car le sort des femmes et des enfants dans le monde me préoccupe, mais je ne pensais pas y trouver une façon d’être utile. Ça c’est fait de façon inconsciente.

Ce sont les lecteurs qui m’ont donné la réponse.

Alors je continue 😉

4 – Sauvage est un héros inclassable. Comment as-tu construit son personnage ?

Ah ça je ne sais pas 😉

Sauvage est né de ce que je lisais pendant mes recherches. Petit à petit, il émergeait des conditions réelles vécues par d’autres enfants bien réels eux aussi. J’ai essayé de me mettre à sa place. Au fond du fond du très-fond, il y a un petit garçon en lui qui a survécu à tout ce qu’il a vécu, mais il est mis de côté par l’adulte parce que c’est trop douloureux.

Sans ce petit garçon Sauvage serait un robot.

5 – Hope est une héroïne tout aussi singulière. A tes yeux, qu’est-ce qu’une héroïne doit absolument avoir comme qualité et comme défaut ?

La qualité première d’une héroïne, c’est d’être humaine. Elle doit être comme nous. Issue de nos rangs. Ça peut être nous d’ailleurs. Parce que chacun porte en lui une part insoupçonnée d’héroïsme. C’est ce que les deux phrases inscrites dans la chambre d’enfant de Sau veulent dire. « Chaque enfant a besoin d’un héros pour se construire. Chaque adulte a besoin d’un héros pour se réparer ».

Le principal défaut d’une héroïne, c’est d’être humaine. Elle réagit en fonction d’elle, de son ressenti, de ses peurs, de ses croyances. Pas de nous. Ce qui en fait parfois quelqu’un d’agaçant.

Mais c’est la vie et il faut l’accepter. 😉

6 – Tu apportes beaucoup de soin à tes personnages secondaires qui illustrent à merveille les différents thèmes. Se sont-ils imposés à toi ? Comment sont-ils nés ?

Rien ne s’impose à soi quand on écrit. Personnages principaux ou secondaires, il faut aller les chercher. Chercher la pertinence qu’apporte chacun à l’histoire.

Aucun d’entre eux n’est le fruit du hasard.

Même le chien de Sau 😉

7 – Pour avoir lu le livre, je me demande encore qu’est-ce qu’il se passe dans ton subconscient pour que tu puisse nous livrer des histoires aussi profondes et abouties. Est-ce facile pour toi de bâtir un scénario aussi complexe ? Comment t’y prends-tu ?

Aujourd’hui, je suis une femme détendue. J’ai une famille et un partenaire depuis plus de 20 ans. J’ai beaucoup plus de lâcher-prise. J’accède plus facilement à mes émotions. J’ai appris également à dédramatiser, notamment l’échec. Rien ne pourrait être mieux. Alors il me semble que je peux donner la parole aux autres à travers des histoires plus profondes que la mienne 😉

8 – L’intrigue est incisive, très précise dans les moindres aspects. Comment distingue-tu le superflu de l’essentiel ?

Saint Exupéry disait qu’un bon livre est un livre auquel on ne peut rien retirer. Ça aide à faire le tri entre superflu et essentiel. 😉

9 – Sais-tu déjà l’issue de l’histoire de Hope et Sauvage ?

Depuis le départ la fin est écrite.

10 – Appréhende-tu la sortie ? La réaction des lecteurs ?

Forcément !!! Il faudrait être fou ou bien présomptueux pour vivre cette période sans stress.

Il y a des tas de bons livres qui ne rencontrent jamais leur lectorat car ils sont refusés par les maisons d’éditions qui n’y croient pas, et d’autres plus moyens qui connaissent le succès.

C’est très difficile de savoir à l’avance comment un livre sera perçu.

Dans mon cas, je reviens après deux ans d’absence et après une seule série.

J’ai très bien pu être oubliée !

11 – Que souhaites tu leur dire avant qu’ils plongent dans ce récit troublant et diablement bien mené ?

Faites-moi confiance.

Que vous ayez lu beaucoup de choses ou pas sur les sectes, ScrapMetal est différent. Parce qu’il vous parle de « l’après ». Parce qu’il aborde le sujet autant de l’intérieur que de l’extérieur.

Parce que même si le sujet traité est complexe, j’ai essayé de le rendre fluide.

Je n’écris pas pour une élite intellectuelle. 

J’écris pour tout le monde.

12 – Peux-tu nous livrer ton état d’esprit actuel à l’aube de la sortie et durant l’écriture du second tome ?

J’ai une grande attente, et un besoin compulsif de recueillir vos émotions sur ces enfants « sans acte de naissance » et sur ces femmes trop honnêtes pour les déclarer.

Je ne le dis pas, mais j’ai confiance en vous 😉

Un grand merci à Jana Rouze d’avoir pris le temps de répondre à mes questions, vous pouvez d’ors et déjà retrouver mon avis sur le blog.

Cliquez sur la photo pour lire la chronique.

Trois mots inscrits d’une écriture tremblante livrent le nom d’un homme public et une ville. Pour Sauvage, l’ancien sectateur qui la reçoit, c’est la fin d’une existence pitoyable : celle d’un enfant enlevé à l’âge de cinq ans, vendu à une secte réputée parmi les plus dangereuses. Il va pouvoir retrouver le jumeau dont il a été séparé, combler le vide de son existence, et se venger. Entre la lettre et sa vengeance, il y a la fille de l’homme qui a été dénoncé. Hope n’appartient pas à son monde. Dans ses yeux de sectateur, c’est une Wog, une étrangère du monde extérieur. Sectateurs et Wogs ne se mélangent pas, ne se touchent pas. Jamais. Sauf quand leur malheur est étroitement lié.

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