Tout près d’ici > Katrina Leno

PARU LE 13 FÉVRIER 2020 AUX EDITIONS

LIEN D’ACHAT – ICI

Magpie se souvient du jour où elle a écrit les premières lignes de son journal. C’était le jour où sa sœur a quitté la ville. Le jour où elle a surpris son père au lit avec sa tante. Le jour où sa mère est tombée dans une spirale infernale d’autodestruction. Le jour de la soirée chez Brandon Phipp.

Depuis, au lycée, Magpie a hérité du surnom de salope. Sa meilleure amie ne lui adresse plus la parole, et elle passe ses pauses déjeuner à la table des rejetés du lycée, en silence. Alors, pour sortir un peu de l’enfer du quotidien, elle invente dans son journal un mystérieux endroit appelé  » Tout près d’ici « .

Tout près est une contrée parfaite. Son père n’y trompe personne, sa mère n’a jamais bu une goutte d’alcool et les soirées ne dérapent pas. Elle s’y sent tellement bien qu’elle pourrait presque toucher  » Tout près  » du doigt. La porte d’entrée semble là, à quelques pas, juste dans la cour de sa maison… Serait-ce l’endroit rêvé pour enfin prendre sa revanche ?

⭐⭐⭐⭐

ATYPIQUE, PERCUTANT ET INOUBLIABLE…

Il y a certains romans qui déroutent du début à la fin. Ce fut le cas ici avec l’histoire de Magpie. Katrina Leno nous offre un récit entre fiction et réalité. La collection New way nous propose une fois de plus un roman atypique, percutant et inoubliable.

Comment ai-je ressenti cette lecture ? Je me suis laissé aller dans une histoire qui a un côté abstrait, on ne sait pas bien si ce qui se joue sous nos yeux est la réalité de Magpie, notre héroïne.

Magpie a vraiment vécu des choses traumatisantes, le genre d’événements qui marquent et déstabilisent. Notre héroïne a ce besoin de sortir de sa réalité, pour cela elle se crée un univers rien qu’à elle. Une dimension parallèle à son existence chaotique.

N’avons pas tous rêvé de vivre dans un monde meilleur ? Un monde qui nous permettrait d’oublier la dureté d’une réalité que l’on veut fuir à tout prix ?

Magpie va se réfugier dans ce monde où elle pourra obtenir sa revanche sur cette vie qu’elle subit. Ce monde onirique est perturbant car notre héroïne nous plonge dans ses pensées les plus intimes. Elle imagine un endroit où elle aurait une vie meilleure mais tout n’y est pas rose pour autant. On surf entre rêve et réalité.

La plume de l’autrice est adéquation avec le contexte de son histoire. Tout y est si complexe et on peut se faire notre propre appréciation. Ce roman est dérangeant et en même temps criant de vérité. Les thématiques sauront toucher les lecteurs. La manière dont est narrée l’histoire, nous permet une réflexion qui nous est propre. Magpie ne fait que nous pousser à réfléchir à ce que nous aurions fait dans sa situation.

Quand tout s’écroule dans une vie, n’est-il pas naturel de chercher un peu de réconfort ? Mais jusqu’où peut-on aller ? Magpie captive, c’est une héroïne atypique, et il n’est pas simple de s’attacher à elle, pourtant j’ai saisi ce qu’elle voulait en se créant son univers. Magpie est de ces héroïnes qui ne sont pas parfaites, de celles qui composent avec les difficultés de la vie.

En fermant le roman, j’ai eu la sensation que l’autrice avait bien orchestré son histoire. Elle a choisi une narration singulière qui pousse à la réflexion, le côté flou du récit perturbe et c’est indéniable que cela rend le livre unique en son genre.

En bref, un ovni littéraire qui pousse le lecteur à voir au-delà des apparences. Les thématiques sont touchantes et peuvent heurter la sensibilité du lecteur car c’est hélas une réalité cruelle que beaucoup de jeunes subissent encore à l’heure actuelle. Ce roman plaira aux lecteurs qui aiment les univers singuliers, à ceux qui aiment être déroutés.

A l’aide d’un marqueur, elle n’avait écrit que quatre petits mots dans le coin droit du haut : Tout près d’ici.

C’était un carnet ancien, bien usé ; le jaune se délavait et s’épluchait, laissant apparaître le carton brut. Magpie écrivait dedans depuis des mois – six, exactement. Elle l’avait entamé le matin qui avait suivi sa rencontre fortuite avec son père et sa tante. Elle avait écrit les mots Tout près d’ici sur la couverture puis griffonné sur la première page.

Je voudrais vivre ailleurs. Dans un petit coin parfait. Dans une ville appelée « Tout près d’ici », sans habitants, sans voitures, sans bruit. Juste une colline verdoyante et dégagée, avec une herbe si éclatante qu’on dirait du citron vert.

Je remercie les éditions Hugo & Cie pour cette lecture.

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