Esme #1 – Farah Anah

PARU LE 27 SEPTEMBRE 2019 AUX EDITIONS BLACK INK

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La gringa, c’est ainsi qu’ils m’appelaient dans le quartier.

Pestiférée, je n’avais que douze ans et mes perspectives d’avenir étaient nulles, jusqu’à ma rencontre avec lui.

Abain m’a sauvée, Abain a fait naître non seulement l’espoir, mais la passion en moi. Nous étions inséparables, il était ma moitié, d’amour et d’amitié, ma raison quand j’égarais la mienne, me rattrapait au bord de ces gouffres où, par sa faute, je manquais de déraper. Sa main tendue, son regard chargé de promesses d’un futur meilleur étaient en réalité… un poison.

Je l’ai compris lorsque sans aucune explication, il a disparu de ma vie. Quand je l’ai aperçu des années plus tard, ce jour d’été, sur mon lieu de travail, subissant la brûlure de son indifférence.

Pourquoi m’a-t-il abandonnée ? Pourquoi revenir ainsi dans ma vie ? Et, bon sang, qui est cette femme avec lui ?

Ne subsistent plus que des interrogations qui me feront sombrer dans une tortueuse tragédie.

❤️❤️❤️❤️❤️

Je rédige cette chronique en direct de l’hôpital psychiatrique Black Ink. Internée dans le service des lectrices ayant perdu la raison, suite à ma lecture du premier tome de la duologie Esmé de Farah Anah. Autrice tortionnaire des éditions Black Ink !

Ma psychiatre, la cheffe de service, Sarah Berziou, m’a autorisé à venir vous livrer mon ressenti, selon elle, cela fait partie intégrante de ma thérapie. Sans quoi, je ne pourrais avoir la permission de poursuivre avec le second tome qui devrait apaiser mes tourments. Ou les aggraver…

Comment en suis-je arrivée là ?

C’est encore flou dans ma mémoire, je n’étais pas prête psychologiquement à découvrir l’histoire d’Esmeralda & Abain. Je me pensais assez solide et forte pour survivre à ce raz-de-marée émotionnel… Comment ai-je pu négliger tous les signaux qui se sont allumés lors de ma lecture ? Comment ai-je pu me laisser maltraiter par les émotions troublantes ressenties lors de ma lecture ?

Durant ma lecture, j’ai perdu pied, perdu la raison et une partie de ma santé mentale, à tel point que je me retrouve aujourd’hui enfermée, sous contrôle médical ! Parce que voyez-vous, les éditions Black Ink ont tout prévu. Sans doute un coup monté de cette Farah Anah qui rend ses lectrices dépendantes. La folie s’est emparée de moi, j’ai souffert avec Esmé… J’ai détesté Abain, au point que j’en suis rendu à l’état d’hystérique vindicative… Un héros m’a rarement autant fait souffrir, j’ai pleuré, hurlé et j’ai été épuisée par les sentiments qui m’ont écorchés.

Haine, espoir, amour, désillusion, souffrance, dépendance… Autant de symptômes qui m’ont conduit à l’internement !

La fiction et la réalité se sont mélangés ! Je ne faisais plus la différence, sans cesse sous l’emprise de cette espère de substance illicite que cette autrice distille dans ses romans. Une fois commencé, je n’ai pas pu lâcher le roman. Oh, mon entourage a bien essayé de m’enlever ma liseuse des mains… se heurtant à ma hargne de vouloir continuer. Telle une possédée, il fallait que j’aille au bout de ce premier opus.

Mystère, suspense, passion et danger sont les éléments culminants de cette histoire. Ma psychiatre, Sarah Berziou, n’arrête pas de me pousser à mettre des mots sur mes souffrances, sur mon ressenti sur ce roman. C’est sensé me préparer pour la suite de l’histoire d’Esmé et Abain. Mais plus j’y pense et puis j’ai l’impression que la folie s’ancre profondément en moi. Comment surmonter un tel déferlement d’émotions ? Comment retenir toutes ces larmes de haine et de tristesse ? Comment aller de l’avant ?

Je suis terrifiée à l’idée de lire la suite. Serais-je assez forte ? Vais-je sombrer encore plus dans les méandres du désespoir ? Je suis encore perdu dans les limbes de ma déchéance.

Farah Anah sévit en toute liberté, si vous saviez le nombre de lectrices qui sont comme moi, enfermées pour leur propre sécurité. Cette autrice sans pitié n’arrêtera jamais ses méfaits, c’est une récidiviste et je doute que l’on puisse l’arrêter en si bon chemin. Les meilleurs sans sortent toujours et elle est très forte dans sa discipline… La torture de lectrices !!!

Ce roman m’a heurté de plein fouet, l’autrice a placé la barre très haut, en terme de mystère, de frustration, de douleur intense qui fait saigner le cœur. J’ai ressenti un sentiment d’injustice envers mon Esmé adorée ! Cette héroïne qui a vécu l’enfer. Abain, celui qui était sensé illuminer son monde, l’a réduit à néant ! Et pourquoi ? Je vous le demande…

Ici, on m’aide à gérer le manque, depuis que j’ai terminé le roman, c’est comme si j’étais en crise de manque. Les personnages me hantent, leur histoire fait encore bouillir le sang dans mes veines. Je suis en état de choc et j’ai très peu de temps pour m’en remettre avant la sortie du seconde opus.

Écrire cette chronique m’a fait du bien. Je me dois de vous mettre en garde… Mais après tout, ce ne sont que les propos d’une lectrice qui a sombré dans la folie. Ce roman est indescriptible. Esme et Abain vont s’infiltrer en vous. Hanter vos rêves ! Faire battre votre cœur et écorcher votre âme de lectrice. Farah Anah est actuellement recherchée par le service de protection des lectrices. Aux dernières nouvelles, elle se cache pour mieux tourmenter ses futures victimes. Elle fait partie du gang des « Serial Writer ». Une nouvelle sorte d’écrivaines, celles qui induisent une addiction sévère chez leurs lectrices. Ma psychiatre, Sarah Berziou, tente de me rassurer, mais le mystère reste entier, je ne sais pas si je survivrai à la suite de cette saga. L’avenir nous le dira ^^

Trêve de plaisanterie ! Le mot de la fin ? Ce roman c’est une tuerie ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire ! On fonce se procurer cette pépite !

Qu’est-ce que tu fais ici ?

Cette fois, il ouvre la bouche, pour la refermer immédiatement, pinçant l’arête de son nez, torturé.

Réponds-moi, Abain ! claqué-je, furieuse. Pourquoi ? Pourquoi tu es ici ? Pourquoi tu as disparu ? Où étais-tu ? Pourquoi tu…

Ma voix se meurt.

«… Pourquoi tu m’as abandonnée ?»

Le calme autour de nous semble narguer mon tumulte intérieur. Trop de sentiments s’entrechoquent en moi, pourtant mon petit corps ne parvient pas à les lui jeter à la face comme je crève de le faire.

Dans mes fantasmes, je bondis sur lui, lacère sa peau, son visage merveilleux, l’épluche, couche par couche, le fais saigner, le roue de coups, l’embrasse à pleine bouche, lui arrache les lèvres, me blottis dans ses bras, lui mords la chair…

Au lieu de ça, rien ne sort.

Je ne devrais pas être là, est tout ce qu’il me répond.

Qu’est-ce que tu dis ?

Il recule d’un pas, sans déserter pour autant.

Et pourquoi tu te tiens devant moi, alors ?

À mon inflexion acerbe, ses traits se durcissent.

Simple hasard.

Je ne le crois pas.

Nouveau silence. Nous nous toisons cette fois. Son expression est indéchiffrable, il est de givre, et pourtant sur le point de chavirer. Si mon inertie est involontaire, la sienne est calculée.

Je mérite des explications.

Il déglutit.

Tu les mérites, mais je ne suis pas en mesure de te les donner.

Je ne sais pas si je dois remercier les éditions Black Ink pour cette lecture, après tout c’est de leur faute si je me retrouve enfermé dans cet hôpital ^^ 

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