La Goûteuse d’Hitler » Rosella Postorino

Editeur : Albin Michel

Livre : ICI

Date de parution : 02/01/2019

1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.
Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.
Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.

 

⭐⭐⭐⭐, 5

Voilà bien un livre avec lequel je ne savais pas trop dans quoi je mettais les pieds, pourtant, lorsque j’ai reçu l’invitation de Babélio pour cette masse critique privilégiée, j’ai eu envie de tenter le coup, je me suis dit que si je recevais cette invitation c’est que cela devait entrer dans ce que j’ai déjà pu lire avant vu que les personnes travaillant chez Babélio peuvent voir les avis que je poste sur le site.

Eh bien je suis ravie de pouvoir dire que c’est une très bonne surprise finalement, et que je suis franchement contente de l’avoir lu, surtout que je suis certaine que celui-ci n’aurait pas forcément retenu mon attention si je l’avais croisé dans les rayons de la librairie. Comme quoi il faut parfois oser se lancer dans l’inconnu, on peut y faire de belles découvertes après tout !

Pas besoin de présenter Hitler, je pense que même les plus jeunes d’entre nous savent de qui il s’agit. Dans ce livre, afin de participer à sa survie, nous allons faire connaissance avec Rosa qui va être recrutée en tant que goûteuse, eh oui, ayant peur de se faire empoisonner, il faut engager des personnes qui goûteront chacun de ses repas. Voilà bien un « métier » à risques, lorsque vous commencez votre journée, vous n’êtes pas certains d’en voir la fin, après tout, c’est vous qui risquez de vous faire empoisonner à sa place. Lorsque je dis « métier », vous pensez bien que ce n’en est pas vraiment un, pour Rosa par exemple, les SS ont débarqués un beau matin en lui disant qu’ils viendraient la chercher le lendemain, Elle n’a pas réellement eu le choix que de se plier aux obligations qui lui sont tombées dessus.

Déjà pour une fiction je trouve le sujet peu banal, mais savoir qu’en plus ce n’est pas tout à fait une fiction car cela a bien eu lieu, il y a bien eu des gouteuses pour Hitler, franchement cela fait froid dans le dos. Mais après tout, venant de cet homme, cela ne m’étonne même pas.

Ce que j’ai principalement aimé dans ce livre, c’est que tout ne tourne pas autour de cela, nous avons énormément de descriptifs quant à la vie des allemands de cette époque et j’ai trouvé que cela donnait encore plus d’intérêt au récit. Les personnages sont criant de réalité, à aucun moment je n’ai eu l’impression qu’ils faisaient partie d’un livre, mais bien que je découvrais des personnes réelles, que je pourrais très bien croiser un beau matin en sortant de chez moi, c’est vraiment incroyable et tout simplement fait avec brio de la part de l’auteure.

Nous avons également droit à de la romance, ce qui donne un peu de légèreté qui fait un bien fou alors que nous avons la boule au ventre durant la plupart du récit. Honnêtement, je n’aurais pas voulu vivre à cette époque, et bien que de ce que j’ai pu apprendre sur cet homme, je ne savais pas qu’il avait également eu des gouteuses. C’est un livre poignant et criant de vérités, si l’auteure a romancé le tout, elle c’est quand même inspirée de la vie d’une des goûteuses d’Hitler décédée alors qu’elle avait 96 ans Margot Wölk.

Si au départ, je ne savais pas dans quoi je me lançais, j’ai découvert pas mal de choses sur le quotidien des allemands de l’époque, j’ai appris que Hitler avaient des goûteuses, j’ai rencontré des personnages intéressants, j’ai lu un récit addictif. Si cela vous tente, moi je vous le recommande sans hésiter, n’ayez pas peur de sortir de votre zone de confort, osez sortir des sentiers battus afin de faire une belle découverte.

La pitié universelle n’existe pas, seule existe la compassion pour le destin d’un être humain. Le vieux rabbin qui prie les mains sur la poitrine parce qu’il a compris qu’il va mourir. La Juive si belle qui va être défigurée. La Russe qui a entouré ton bassin de ses jambes et t’a donné un court instant la sensation d’être protégé.

Merci à Babélio pour cette Masse Critique privilégiée ainsi qu’aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.

A propos de Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog. J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

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