Too Late > Colleen Hoover

Pourra-t-elle échapper à cette relation toxique ?

Sloan n’a jamais eu une vie facile et elle a toujours dû se battre pour obtenir ce dont elle avait besoin. C’est justement pour échapper à une situation sans issue qu’elle a accepté de partager la vie de son petit ami, Asa. Depuis, elle étouffe dans cette relation toxique ; de plus, c’est un homme à la morale douteuse qui se livre à de multiples trafics. Elle n’a pas le choix de partir et décide de supporter ce qu’il lui fait subir jusqu’à ce qu’elle puisse lui échapper. Seule.

Personne ne peut l’aider à sortir de cette situation. Sauf peut-être Carter, cet étudiant aux multiples secrets qu’elle vient de rencontrer.

Asa est prêt à tout pour garder Sloan. Il a besoin d’elle et il fait tout pour la persuader qu’elle ne peut pas se passer de lui.

Personne ne s’interposera entre Sloan et lui. Sauf peut-être Carter.

PARU LE 3 MAI AUX EDITIONS HUGO NEW ROMANCE

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L’avis de Marlène – Note 4/5

[Too Late] est un de ces romans que l’on ne met pas entre toutes les mains. En voyant les avis plutôt partagés passer sur le net je vous avoue que j’ai énormément appréhendé cette lecture pour finalement venir vous livrer un ressenti assez positif dans l’ensemble.

Alors forcément, c’est du Colleen Hoover… Mais un CoHo très différent de tout ce que vous avez lu de l’auteure alors attention, soyez conscients que ce récit est sombre et violent. L’auteure y dévoile une relation toxique qui repose sur des fondations pourries jusqu’à la moelle. Vous allez sûrement passer par toutes les émotions comme moi.

Cette histoire est terriblement bien menée, même s’il n’y a pas d’effet de surprise lors de la lecture, on est très vite mis au parfum quant à l’intrigue et je vous avoue que j’aurai aimé un peu plus de suspense finalement mais Colleen Hoover a mis en lumière la relation toxique d’Asa et Sloan ainsi que la manière dont Carter essaiera de la sauver de tout cela. Dans le fond, l’histoire est intense et captivante, angoissante et perturbante. Le côté malsain très présent est rehaussé par un aspect psychologique assez intéressant surtout du point de vue d’Asa qui reste le personnage le plus tourmenté et tordu de l’histoire.

Si vous êtes comme moi, vous aurez très certainement du mal à vous attacher aux personnages. Entre ma haine pour Asa, mon indifférence pour Sloan et ma sympathie pour Carter, mes émotions ont fait le grand huit. Colleen Hoover a de nouveau usé de sa plume addictive et entraînante. Elle a choisi un thème très difficile à aborder, et j’ai trouvé qu’ici l’aspect malfaisant de l’histoire reflétait plutôt bien l’enfer dans lequel Sloan s’est enfermée elle-même. Asa a une sacrée emprise sur elle, il la tient et sait qu’elle ne peut s’en sortir sans lui… Pourtant, Sloan n’a qu’une envie, fuir loin de cet homme abjecte qui use et abuse d’elle comme il l’entend. Sloan est une héroïne qui subit beaucoup de choses depuis de nombreuses années, à tel point qu’elle s’est résolue à supporter Asa et sa vie de débauche. Jusqu’à sa rencontre avec Carter, elle n’avait jamais entrevue l’espoir de s’en sortir et pourtant elle sent qu’avec lui elle pourrait avoir une vie heureuse mais Asa ne laisserait jamais une telle chose arriver. J’ai ressenti de la compassion pour Sloan mais je ne me suis pas vraiment attaché à elle, j’avais envie qu’elle s’en sorte, qu’elle prenne sa revanche sur la vie et surtout qu’elle gagne en maturité pour s’approprier son destin et se sortir de ce cercle vicieux. Asa est certainement le personnage le plus intense de ce récit, honnêtement il est odieux, horrible et vraiment dérangé. On découvre son histoire, et même si à mes yeux cela n’excuse en rien l’homme qu’il est devenu, on peut dire qu’il n’a pas su se sortir de son cercle familial dysfonctionnel. Il a subit un véritable lavage de cerveau à cause de son père. Asa m’a en quelque sorte fascinée parce que son esprit est carrément dérangé. C’est un personnage qui m’a fait peur et qui m’a aussi mise hors de moi. J’ai adoré Asa pour tout ce qu’il m’a fait ressentir, pour sa personnalité aux multiples facettes. Son attitude est restée cohérente jusqu’à la toute fin et c’était un coup de maître de la part de CoHo. Quant à Carter, je dois dire qu’il me fut facile de l’aimer. C’est un homme bon et droit dans ses baskets. Il est très certainement le seul espoir qu’a Sloan pour s’en sortir. Au-delà de ça, c’est un personnage qui est malgré tout peu approfondi malgré le rôle déterminant qu’il joue dans l’histoire. J’ai donc très peu de chose à dire sur lui, c’est un homme qui sait ce que représente l’amour et j’avoue qu’il apporte de la douceur dans le chaos de l’histoire.

L’intrigue est très intéressante même si elle reste sans surprise. Par contre la narration est très surprenante. Vous allez vivre l’histoire à travers trois points de vue, celui de Sloan, d’Asa et Carter. Vous allez dévorer ce roman et arriver très vite au mot fin pour suivre ensuite une succession d’épilogue et de prologue, si si je vous assure. C’est un aspect du roman que j’ai vraiment aimé, j’ai adoré que Colleen Hoover ne puisse pas s’arrêter aussi facilement pour mettre le point final à ce sordide histoire. Cette auteure aime aborder des thèmes importants, ici le sujet du roman est choquant et pourtant de nombreuses personnes se retrouvent enfermés dans une relation toxique et j’ai trouvé que l’ensemble du roman véhiculait un message d’espoir à tous ceux qui ont connu ce genre de relation. Il faut savoir que comme la violence conjugale, il est très difficile de se sortir de ce cercle infernal. Malgré le côté prévisible de ce livre, le message passe et le lecteur se retrouve au cœur d’un récit percutant qui est fait pour choquer parce que ce dont on parle dans cette histoire n’est pas anodin. Je dois dire que l’auteure n’y est pas allé de main morte, et j’ai vécu cette lecture en apnée. J’ai trouvé l’histoire équilibrée, si je puis dire, parce que le lecteur se laisse facilement emporter dans le tumulte de la vie de nos héros. J’ai aimé le suspense, l’angoisse et même le côté malsain qui était indispensable pour la crédibilité du roman.

La romance y trouve malgré tout sa place et Colleen Hoover a su mettre en lumière l’amour, le vrai. Et pas ce simulacre qu’Asa pense offrir à Sloan. L’amour est un sentiment complexe et dans ce roman on peut dire que l’on en découvre diverses facettes. L’amour selon Asa… Vous n’allez pas être déçus… L’amour que Sloan aimerait recevoir… Et l’amour que Carter est prêt à offrir. Le cheminement de la romance m’a énormément plu. Le sexe trouve aussi sa place dans l’histoire, alors attention, parce que cela accentue la noirceur de l’histoire. Mais il y a également un bel équilibre à ce niveau.

[Too Late] est un roman qui se dévore malgré tout ce qu’il s’y passe. Il n’est pas à classer avec les autres romans de Colleen Hoover et pourtant je l’ai trouvé excellent. Plusieurs heures après la lecture, je me demande encore comment on peut espérer se sortir de ce genre de relation. La réflexion fut omniprésente durant ma lecture, Colleen Hoover a ouvert une brèche avec ce livre. Je m’attendais à un contenu encore plus sombre, et finalement je ne suis pas sortie de ma zone de confort. L’espoir est bien mis en avant dans l’histoire et je n’avais qu’une hâte, que nos personnages s’en sortent. Le final est quant à lui un peu abrupte et simple, mais à l’image de l’histoire il propose une réflexion pertinente et un adoucissement dans une histoire tristement sombre.

En bref, [Too Late] nous offre une histoire très différente des romances habituelles de Colleen Hoover. Je suis ravie qu’elle ait choisi de sortir de ses classiques avec ce roman coup de poing qui met en lumière  une relation plus que toxique. Le suspense, l’angoisse, la peur et l’espoir rythment les pages de ce roman, et même si l’ensemble est loin d’être parfait j’ai trouvé cette lecture intéressante. Si vous avez envie de lire une histoire singulière qui vous fera réagir de mille façons, alors n’hésitez pas et faites confiance à CoHo, quoi qu’il arrive, elle se démarque toujours avec un récit addictif au possible.


Extrait

Point de vue d’Asa

Elle est trop belle, avec ces longs cheveux noirs, ces cils épais, cette bouche. Franchement, je n’ai jamais rencontré de plus jolie fille dans le vie réelle. Dès l’instant où je l’ai vue, j’ai su qu’elle m’appartiendrait. Pas question de laisser un être aussi parfait à un autre mec.

Cependant, je me suis interdit de la draguer tout de suite, car j’aimais trop sa façon de me regarder avec son air innocent pendant les cours. Je l’intéressais. Et, même si je faisais semblant de ne pas le remarquer, elle m’intriguait. Elle était différente de toutes les filles avec lesquelles j’étais sorti.

Pas grand chose ne m’impressionne depuis que je suis tout petit. Pourtant, elle m’obsédait tellement que ça commençait à me faire peur. L’idée de pouvoir corrompre un être aussi exquis en devenait complètement obsédante.

Avant Sloan, je me fichais un peu des filles. Je les utilisais pour ce qu’elles valaient : une rapide nuit de baise, quelquefois un autre petit tour avant le petit déjeuner, et basta ; plus rien entre huit heures du matin et vingt heures. Les types qui laissent les filles occuper leur vie dans cet intervalle n’ont que de la merde dans la cervelle.

Dixit mon père. 

J’aimais bien me souvenir de cette période avant qu’elle ne soit à moi, chaque fois que je la regardais. De chaque moment où je captais son regard pendant les cours, où ma queue se raidissait dans mon pantalon quand je pensais à elle.

De la merde dans la cervelle. 

Plus je la contemplais, plus je m’interrogeais sur mon père et me demandait s’il savait seulement de quoi il parlait. Il n’avait jamais dû connaître une fille comme Sloan. Une fille pas encore corrompue par un homme. Une fille trop timide pour savoir flirter avec un garçon. Une fille qui n’était pas encore devenue une traînée.

Ca m’a donné envie de la mettre à l’épreuve. De voir si c’était l’exception qui confirmait la règle. Un jour, à la sortie d’un cours je lui ai proposé de déjeuner avec moi. C’était la première fois que je donnais un rendez-vous à une fille. Je m’attendais à un sourire, à un oui timide ; au lieu de ça, elle m’a toisé de la tête aux pieds avant de reprendre son chemin sans répondre.

Là j’ai compris que je me trompais complètement. Elle n’était pas timide. Elle connaissait la cruauté humaine. Elle savait exactement ce qu’il en était et voilà pourquoi elle gardait ses distances avec les autres.

Ce qu’elle ignorait c’était que son faux détachement ne la rendait que plus attrayante pour moi. J’avais envie de la poursuivre de la poursuivre jusqu’à ce qu’elle me désire et accepte tout de moi… y compris ma cruauté. Jusqu’à  ce qu’elle m’en supplie.

Je remercie Célia et les éditions Hugo New Romance pour cette lecture. 

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