Rendez-vous à l’infini > Karine Vitelli

Il y a six ans, Chloé a tout perdu : avenir inouï, amour éternel, projets… Mais elle a fait une promesse : ce rendez-vous à l’infini.

Elle part en randonnée, seule avec un guide en terre sauvage, durant huit jours. Huit jours, confrontés au froid, au chaud, aux insectes, mais huit jours pour trouver un nouveau but à son existence. Elle est loin d’être la candidate parfaite pour ce séjour qui demande une expérience aguerrie, mais elle fera tout son possible pour finir son périple. Quitte à mentir et à garder pour elle ses douleurs. Elle a besoin de retrouver le goût de vivre, et dans cette forêt, avec le strict minimum, elle appréciera la simplicité que la vie lui offre… mais ça sera loin d’être paisible. Qui a dit que « la vie est un fleuve tranquille ? » Personne. La vie est un combat, une montagne à gravir, un Ironman à finir, mais qui vaut d’être affrontée pour en sortir plus grand, plus robuste.

Paru le 3 février en autoédition. 


L’avis de Marlène – Note 4/5

Karine Vitelli nous revient avec une novella paru en autoédition. Vous pouvez constater que la couverture est sublime et je peux vous dire qu’elle représente très bien le récit… Qui dit novella, dit récit court. L’auteure a choisi de nous narrer les huit jours que notre héroïne va passer en compagnie d’un guide pour tenir sa promesse de ce rendre à l’infini, un lieu difficile à atteindre mais qui a une signification toute particulière pour Chloé, notre héroïne.

Il y a six ans, le monde de Chloé s’est effondré, emportant avec lui tous les projets et l’espoir qu’elle avait pour sa vie futur. A ce moment là, elle a fait une promesse, se rendre à l’infini… Un voyage qui s’annonce difficile mais vital. Huit jours en pleine nature, confronter aux intempéries, aux duretés d’un milieu hostile pour accomplir ce périple qui la mènera peu être à découvrir le sens de sa vie. Aux côtés de Maxan, son guide, elle va affronter beaucoup d’obstacles, mettre son corps à rude épreuve, se retrouvant face à elle-même dans ce road-trip rédempteur. Chloé aura huit jours pour comprendre que la vie vaut la peine d’être vécue, huit jours pour se retrouver et appréhender l’avenir avec plus de sérénité…

Karine Vitelli nous propose un récit court mais très équilibré. Nous allons suivre les jours de randonnée avec Chloé et son guide. L’histoire est percutante car l’auteure va à l’essentiel, à travers les difficultés qu’elle va rencontrer pendant ce périple elle va comprendre de nombreuses choses, elle va reprendre goût à la vie et tenir une promesse qui lui tenait à cœur. Ce récit nous parle de la vie, de la mort, du deuil, de la difficulté de reprendre sa vie en main. Il met aussi en lumière les sentiments amoureux et amicaux.

Je me suis assez vite attachée à Chloé, malgré son caractère affirmé et un peu têtu ^^ Chloé est une héroïne simple et agréable. Elle n’a pas peur de se dépasser, elle a trop longtemps fui la réalité et elle est enfin prête à aller de l’avant. On perçoit très bien les émotions de Chloé, ses doutes, ses aspirations et son trouble. Cette randonnée ne sera pas une partie de plaisir mais aux côtés de Maxan elle va comprendre que sa vie n’est pas terminée, qu’elle a beaucoup de choses à vivre. Maxan est un homme intrigant, il est très bien dans son rôle de guide et j’ai trouvé qu’il était un fin psychologue pour aider Chloé à surmonter les difficultés de leur randonnée. Maxan est aussi charmant qu’il est expert dans son métier… J’ai adoré son personnage car il reste pragmatique, il est à l’écoute de Chloé.

Le message que l’auteure souhaite faire passer avec cette nouvelle est limpide. Elle aborde des thèmes sensibles, elle met les sentiments de notre héroïne à nu… J’ai aimé le cheminement de l’histoire car même si cela va vite, le récit suit vraiment un dénouement cohérent et poignant. La plume de Karine Vitelli se veut très émouvante, pleine de tact et de sensibilité. L’histoire est dure et délicate, elle aura un impact sur tous les lecteurs, qu’ils aient connu le deuil ou non car tout est bien mené. L’aspect romantique de l’histoire n’est pas précipité, ni prémédité. C’est naturel ! Tout comme ce retour à la nature, à l’essentiel. L’auteure nous prouve qu’il est parfois nécessaire de ce recentrer sur ce qui est important pour aller de l’avant. Le milieu dans lequel on évolue dans cette nouvelle est sauvage, à l’état brut, plein de danger et il poussera notre héroïne dans ses retranchements, la mettant face à ses limites physiques qu’elle surmontera grâce à son mental.

En bref, une novella passionnante qui nous démontre que la vie vaut la peine d’être vécue. Que nous sommes les seuls maîtres de notre destin et que même si on doit affronter les pires épreuves et bien il faut garder espoir. Une histoire courte d’une grande sensibilité qui m’a fait passer un bon moment.


Extrait 

Il existait des silences apaisants. Réparateurs. Ceux qui ouvraient nos pensées les plus profondes. Ceux qui nous menaient vers la lumière. J’étais en discussion avec mon intérieur depuis que nous avions repris la marche : exactement une vingtaine de minutes. Des minutes où je refaisais ma vie. J’avais vécu de belles années avec Stephan et j’avais la possibilité d’en connaître d’autres. Mais à quoi bon si je n’avais personne à mes côtés ? Partager mes joies, mes peines, mes buts, mes projets, être heureux, aimer, être aimé était une histoire d’équipe et non une aventure solitaire. J’étais à un nouveau tournant de mon existence, mais je craignais de prendre le mauvais chemin. Dans le pire des cas, je vivrai avec ma «ternisitude » jusqu’à mon dernier souffle. Que faire pour l’éviter ? Serais-je standardiste jusqu’à la fin de mes jours ou boulangère comme je l’avais toujours désiré ? Avais-je pris les bonnes décisions ? Je ne regrettais rien car tout ce que j’avais entrepris était réfléchi. Cependant, depuis deux jours, j’avais conscience que pour vivre pleinement, il fallait se jeter à l’ eau, sans bouée… et profiter de chaque instant. Ici, dans cette forêt, avec le strict minimum, j’appréciais la simplicité que la vie nous offrait ainsi que ses douleurs dont mon corps souffrait. Mais qui avait dit que la vie était un fleuve tranquille ? Personne. La vie était un combat, une montagne à gravir, un Ironman à finir, mais qui valait la peine d’être affrontée pour en sortir plus grand, plus robuste. Je me délectais aussi de son fruit : la nature. Elle était une couverture merveilleuse qui m’enveloppait avec douceur et me réchauffait avec ses plaisirs primaires. J’appréciai davantage boire de l’eau, manger -même un simple bouillon- , respirer profondément après une longue et dure marche, s’allonger le soir pour dormir même si je somnolais. Oui, j’appréciais chaque seconde, chaque beauté que la vie me donnait.

Je remercie Karine Vitelli pour cette lecture et sa confiance sans cesse renouvelée. 

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