Interview, Un mois autour de...

Un mois autour de… #8 – Edelweiss Editions

Parce qu’il faut bien un petit dernier, mais pas pour autant une page qui se tourne !

Je ne sais pas si vous l’aviez remarqué, mais la semaine dernière, toute la famille Edelweiss ne se trouvait pas dans les réponses des questions que je leur ai posé !

Qui manquait-il ?

Je vous redonne chaque fois les questions, tel que vous les avez déjà découverte la semaine dernière, mais avec les réponses qui n’étaient alors pas présentes.

Je pense que vous êtes toutes des lectrices avant d’être des auteures, nous allons donc débuter par cette partie de vous.

Alouqua : Quels sont les éléments qui vous donnent une envie incontrôlable de lire un livre ?

Sophie Griselle : ma première approche d’un livre sera sa première de couverture bien sûr, et son titre : il y a des visuels qui marquent spontanément plus que d’autres, et des titres qui me donnent envie de mourir de jalousie tellement ils sont bien trouvés et poétiques… Ensuite, je me fie pas mal aux recommandations de mon entourage, et j’avoue que je sors assez peu de mes genres de prédilection : science-fiction, fantastique et fantasy.

Alouqua : Est-ce que, comme moi, vous préférez ne pas trop vous laisser influencer par des avis déjà publiés sur le net avant de découvrir un récit ?

Sophie : Je ne regarde aucun avis sur le Net ! Tout simplement parce que je n’en ai pas le temps haha, et puis je n’ai jamais trop pris l’habitude de consulter des sites comme Booknode ou Goodreads, ni même des critiques indépendantes… Comme je le disais plus haut, j’ai des amis qui partagent mes préférences en termes de genre et qui ont un goût très sûr, donc nous nous contentons souvent de nous faire des recommandations éclairées les uns aux autres. Après il est évident que lorsque mon roman “Ezéchiel” sera paru, je risque fort de guetter les critiques Internet avec beaucoup plus d’attention x)

Alouqua : Que faites-vous si, cela m’est déjà arrivé à plusieurs reprises, la couverture ne vous attire pas du tout, mais que le résumé vous dit que vous pourriez adorer un livre ?

Sophie : Tout dépend de la couverture : certaines me rebuteront définitivement, comme par exemple celles où des torses masculins huilés se contorsionnent de tous leurs abdos… Mais s’il s’agit seulement d’une couverture laide, ou pas très accrocheuse, mais que l’on a su me vendre l’intrigue à fond, je n’aurai aucun souci à passer outre !

Alouqua : Une chose qui ne m’est encore jamais arrivée par contre, mais qui n’est pas impossible. Que faites-vous si, ni la couverture, ni le résumé ne vous donnent envie, mais que les avis que vous lisez sur un livre sont tous positifs ?

Sophie : Encore une fois, j’ai des amis qui savent se montrer terriblement convaincants x). Je dirais que ça fonctionne au cas par cas du coup : soit je m’entête avec l’esprit de contradiction (ce qui peut arriver plus souvent que je ne veux bien l’admettre, héhé), soit je donne une chance à l’intrigue, et je dois dire que souvent, je ne suis pas déçue. 

Alouqua : Chaque lecteur a un livre qui l’a marqué plus que les autres, personnellement, c’est Jonathan Livingston le goéland, que j’ai lu pour la première fois il y a très longtemps, et que je ne me lasse pas de relire. Quel est donc ce livre qui vous a marqué, et pourquoi ?

Sophie : Je dirais “Le Seigneur des Anneaux”, de J.R.R. Tolkien. J’étais toute petite quand le premier film est sorti au cinéma, j’ai bataillé pour le voir malgré tout, et il m’a terrorisée haha x) A tel point que je n’ai pas voulu aller voir le 2 au cinéma quelque temps plus tard. Mais l’univers s’est aussitôt imprimé en moi, et j’ai senti qu’il y avait là quelque chose de grand. J’ai demandé les livres pour Noël aux alentours de mes 10 ans, et on m’a offert une énorme intégrale de plus de 1000 pages, que j’ai trimballée partout avec moi pendant un mois jusqu’à ce que je la finisse. Je pense que ça a été mon premier roman “adulte”, et l’univers m’a tellement fascinée, émerveillée, inspirée… Après ça, mon rêve de petite fille a pendant longtemps été de devenir une elfe, ou une écrivain aussi talentueuse que Tolkien. Et je crois qu’un petit fragment de ce rêve est toujours resté gravé en moi.

Alouqua : En tant que lecteur, nous avons tous nos préférences dans les styles littéraires. J’ai la chance de pouvoir lire de tout, je peux très bien lire un thriller bien sanglant pour ensuite me lancer dans un recueil de poésie par exemple, ou encore lire une romance pour poursuivre dans un cyberpunk. Mais, j’ai cependant deux styles que j’adore par-dessus tout, les thrillers et les fantasy. Et vous, quels sont vos genres de prédilections ?

Sophie : Ah, j’ai peur d’avoir déjà spoilé cette question quelques lignes plus haut héhé… J’adore la science-fiction, je trouve que c’est un genre largement sous-estimé, sur lequel beaucoup de gens ont des préjugés, alors qu’il a gagné ses lettres de noblesse depuis longtemps. C’est pour moi un genre qui permet de projeter les problèmes et interrogations de nos sociétés actuelles dans un cadre différent, afin de les mettre en lumière, en relief, de les faire ressortir et de les questionner sous un angle que nous n’aurions jamais envisagé auparavant. 

J’adore également le fantastique, lorsqu’un fragment d’étrange se glisse dans notre quotidien si tranquille et y instaure le doute, et la fantasy, qui me fait rêver et m’évader loin d’une réalité que je trouve souvent trop grise. 

Alouqua : Il y a certains auteurs que nous recommandons sans hésiter, j’en ai plusieurs que je ne peux m’empêcher de conseiller les livres. Est-ce que vous avez, vous aussi, des auteurs fétiches ?

Sophie : Sans surprise, beaucoup de monstres sacrés de la SF : Frank Herbert, l’auteur de la brillante saga “Dune”, Isaac Asimov et ses intrigues qui transcendent l’humanité et le temps, Dan Simmons et son cycle “Hypérion”, qui m’a soufflée dès les premières lignes, Ursula Le Guin, qui nous a fait rêver avec “Terremer”, Tolkien bien sûr, Philip Pullman et son intelligence grave dans sa trilogie “A la Croisée des Mondes” (l’un des rares ouvrages jeunesse à s’adresser vraiment aux enfants comme à des êtres capables de réfléchir), Jonathan Stroud et sa pétillante trilogie de Bartiméus, Anne Rice, parce que ses vampires noirs et amoraux resteront à tout jamais les meilleurs du genre, Jane Austen pour le grain de romance en moi, et son sens aiguisé des relations humaines, Scott Lynch pour la virtuosité de ses intrigues et la gouaille de ses personnages… Voilà, je vais m’arrêter là, parce qu’il y en aurait beaucoup trop x)

Passons maintenant à votre autre facette, celle d’auteure.

Alouqua : D’après moi, il y a un élément déclencheur qui fait qu’un jour, l’envie d’écrire devient tellement forte, que l’on ne peut s’empêcher de s’y mettre. Est-ce votre cas ? Comment vous est venue cette envie d’écrire vos propres histoires ?

Sophie : J’ai commencé à écrire vers l’âge de 8 ans : j’ai commencé par des poèmes, avant de me mettre véritablement à mon premier roman (une histoire de dinosaures, qui ressemblait étrangement à Jurassic Park…). Je crois que mon désir d’écrire est avant tout venu de mon amour pour la lecture. J’adorais lire, m’évader, j’éprouvais beaucoup d’admiration pour ces auteurs qui me transportaient dans leurs univers et qui étaient reconnus pour cela… Je crois que j’ai eu envie de faire comme eux, tout simplement, de faire partie de leur “cercle”. Je me suis mise à rêver de voir un jour mon nom sur les rayonnages des librairies au milieu de mes auteurs préférés. Et de faire rêver les gens comme eux-mêmes m’avaient fait rêver. 

Alouqua : Avant de vous mettre à écrire un récit tout neuf, préparez-vous des fiches de vos personnages, les décors, un schéma du déroulement ? Du moins, dans les grandes lignes, pas forcément directement y mettre des tas de détails. Ou préférez-vous laissez faire le destin ?

Sophie : Pendant très longtemps, j’ai tout fait uniquement de tête. J’essayais de faire des fiches personnages ou des plans de temps en temps, mais je considérais rapidement que c’était une perte de temps : j’avais l’impression de perdre du temps à écrire ce que je savais déjà. Je n’ai jamais eu besoin de repères écrits, concrets, pour m’orienter dans mon récit et me structurer. Cependant depuis un ou deux ans environ, je ressens le besoin de travailler sur l’écriture comme on travaille une compétence pour s’améliorer (c’est une idée qui est encore très peu répandue en France : on peut apprendre à peindre ou à sculpter, mais bizarrement, il n’y a pas du tout cette mentalité pour l’écriture, c’est quelque chose qui est encore réservé aux Etats-Unis). C’est quelque chose que je trouve absurde : même si le talent ne s’invente pas, il existe quand même comme dans n’importe quel domaine artistique des règles de base, des conseils, des techniques qui permettent d’améliorer son récit. Donc je me suis mise à faire un travail préparatoire beaucoup plus détaillé en amont, et je dois avouer que je vois clairement les résultats dans mes derniers écrits. 

Alouqua : De quelle manière gérez-vous votre temps d’écriture ?

Sophie : Je suis assez irrégulière, je ne me force jamais à écrire quand je n’en ai pas envie. Je peux passer un mois entier sans écrire, puis deux semaines à écrire intensément. Souvent, quand j’approche de la fin d’un roman, mon écriture devient frénétique : je ne peux faire pratiquement que ça de mes journées. Après, j’ai la particularité d’écrire assez vite : dans mes phases les plus actives, je peux écrire une quinzaine de pages par jour. 

Depuis plusieurs mois cependant, mon écriture est très conditionnée à mes autres activités : je travaille énormément, si bien que je n’ai pratiquement plus le temps d’écrire. C’est une phase étrange pour moi : vivre au quotidien sans écrire du tout, ça ne m’était plus arrivé depuis mes 14 ans… Mais bon, je sais que ce n’est qu’une période passagère, et j’espère renouer avec l’écriture très bientôt. 

Alouqua : Vous êtes plutôt du genre écriture sur PC, tablette, carnet, feuille volante, ou pourquoi pas, tout ce qui vous tombe sous la main au moment précis où une idée fait son apparition ?

Sophie : J’écris exclusivement sur PC : c’est propre, rapide et pratique. J’adore bien sûr le mythe de l’écrivain qui écrit à la main dans son carnet à la terrasse d’un café, mais malheureusement l’écriture manuscrite est un cauchemar pour se corriger, en plus il faut tout retaper pour les envois aux maisons d’édition, donc c’est une perte de temps faramineuse (sans compter qu’écrire à la main est beaucoup plus lent qu’à l’ordinateur). Par contre, j’entretiens toujours le rêve d’acheter une machine à écrire un jour, juste pour le plaisir. 

Alouqua : Après avoir parlé de l’avant, dites-nous tout sur l’après écriture. Ce moment où vous apposez le mot fin sur votre manuscrit. Sensation, impression, sentiment, nous voulons tout savoir !

Sophie : C’est un moment à la fois jouissif, extatique et triste. Je suis heureuse, incrédule et émerveillée d’être enfin arrivée au bout de mon histoire, d’avoir posé un point final aux aventures de mes héros, d’avoir raconté tout ce que j’avais à raconter sur eux… Mais d’un autre côté, il faut leur dire adieu, et cela passe toujours par une phase de deuil. Je me console en me disant qu’il me reste un monstrueux travail de correction à faire à leurs côtés ^^

Alouqua : Si vous êtes en ce moment en train de répondre à mes questions, c’est que vous êtes, ou allez prochainement être, publiées aux éditions Edelweiss (ou autre possibilité, vous êtes une des deux éditrices). Quelle fut votre réaction lorsque vous avez su que votre bébé allait pouvoir se retrouver chez les lecteurs, que finalement, vos héros ne seraient plus uniquement à vous, mais que vous alliez les partager avec d’autres personnes ?

Sophie : C’était assez particulier, car je partage mes écrits avec d’autres depuis très longtemps sur diverses plateformes d’écriture (Wattpad et autres), et parce que mon roman Ezéchiel avait déjà connu deux éditions successives : l’une à compte d’auteur chez Edilivre (très mauvaise expérience que je ne recommande pas du tout), l’autre en auto-édition. Donc techniquement, j’avais déjà fait partager mon roman au monde, bien qu’à très petite échelle. Au moment où Lucille, l’une de nos éditrices, m’a contactée, Ezéchiel était déjà un vieux projet pour moi, pour lequel je ne nourrissais plus aucune ambition particulière. J’étais contente de mon auto-édition et cela s’arrêtait là. Il se trouve en plus que Lucille était l’une de mes lectrices de longue date sur Wattpad, donc j’ai eu un peu de mal à y croire quand j’ai lu sa proposition : jamais je n’aurais imaginé trouver une éditrice parmi mes lectrices x)

Mais j’ai été ravie, honorée, flattée et surexcitée, comme vous pouvez vous en douter. Cette nouvelle édition, ma première vraie édition, représente un pas de géant pour moi qui rêve depuis toujours de faire partie des auteurs officiellement publiés. Je ne remercierai jamais assez Edelweiss Editions de m’avoir donné cette opportunité. 

Cette fois, vous êtes bien arrivée à la fin, et je ne peux que, oups encore une fois, vous remercier toutes pour l’accueil que vous m’avez fait, ainsi que cet échange qui s’est créé au fil des semaines 🙂

Sophie : Merci de te dédier autant à faire vivre ce projet avec nous !!

About Author

Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog.
J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

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