Jeunesse

Tabou » Frank Andriat

Editeur : Mijade

Livre : ICI

Loïc est mort. Loïc s’est suicidé parce qu’il n’acceptait pas son homosexualité. Dans sa classe, c’est la consternation. Personne ne se doutait de rien. Sauf Philippe à qui Loïc a parlé quelques jours avant de se pendre, à qui Loïc a fait promettre de ne pas dévoiler son secret. Tabou. Il y a des sujets qu’on hésite à aborder. Parce que c’est plus facile. Plus lâche aussi, mais ça, on préfère l’oublier. Tabou. Quand on est différent, c’est difficile, mais c’est aussi tellement riche. Loïc s’est tu et il est mort. Aurait-il pu tendre la main vers les autres, aurait-il pu apprendre à s’aimer? Ses amis, stupéfiés par ce geste, s’interrogent.

 

⭐⭐⭐⭐⭐

Ce roman de Franck Andriat, c’est mon fils cadet de 16 ans qui a dû le lire pour l’école, vu le sujet traité, je trouve que c’est un bon choix de lecture, après tout, encore aujourd’hui c’est un sujet qui porte à débat. Alors que franchement, je n’y vois aucune raison de mener encore et encore des discussions, le principal étant que les personnes dans le cas puissent tout simplement s’aimer. J’ai eu très tôt un ami homosexuel, par la suite des amies lesbiennes, je n’y ai jamais vu un problème, bien au contraire, et à la rigueur, j’étais beaucoup mieux avec eux qu’avec des personnes hétéros que je côtoyais.

Je trouvais intéréssant que si ce livre était en lecture scolaire, que je le découvre moi aussi. J’ai donc attendu que mon fils le termine pour pouvoir le faire. Ce que je trouve des plus intéréssant ici, c’est la construction de l’histoire. L’auteur a choisi de diviser son roman en trois parties. Le même sujet selon trois vues différentes.

La première est celle de Réginald qui apprend l’homosexualité de son ami après son suicide. S’en suit toute une réflexion en lui-même, mais le suicide de Loïc soulève beaucoup de choses. Ensuite, nous avons la vision de Philippe, la seule personne à qui Loïc c’est confié quelques jours avant de passer à l’acte. Le jeune garçon est d’autant plus touché par l’annonce du suicide de son ami car il savait et n’a rien pu faire pour l’aider, bien qu’il ne savait pas qu’il avait en tête de se donner la mort, mais uniquement qu’il était homosexuel. Philippe va se poser énormément de questions, il va sombrer petit à petit, n’entrevoyant pas d’issues. Jusqu’à Elsa, qui est elle-même le troisième point de vue du roman. Un point de vue totalement différent car elle, eh bien elle a un oncle homosexuel, elle sait donc le calvaire que vivent les personnes « différentes », c’est une jeune fille très ouverte d’esprit et j’ai franchement aimé sa manière de voir les choses.

Trois manières de ressentir la cruelle vérité, trois manières d’accepter, trois manières de voir les choses telles qu’elle le sont. Certaines réflexions m’ont totalement mise en rogne, je ne comprend pas comment on peut réagir avec une telle violence en apprenant l’homosexualité d’une personne, je ne comprend pas le plaisir que prennent certaines personnes à dénigrer et rabaisser. La société est malheureusement ainsi faite et l’homosexualité, malgré l’ouverture d’esprit de plus en plus de monde, restera malgré tout un sujet toujours tabou.

Réginald

Je suis déchiré : d’un côté, il y a un chouette copain qui s’est pendu et que personne n’a pu aider à cause du silence dont il s’entourait, de l’autre, il y a un homo, une espèce que j’encaisse mal, qui me dérange, qui me fait peur.

Philippe

Tu aurais dû comprendre qu’il était au bout du rouleau; s’il venait vers toi, c’est qu’il n’en pouvait plus. La conversation que vous avez eue ensemble était, pour lui, celle de la dernière chance.

Elsa

Je me demande pourquoi on oublie tous les autres aspects d’une personne lorsqu’on apprend qu’elle est homosexuelle. On ne retient que ça.

About Author

Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog.
J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

2 Comments

  1. L’extrait de Elsa, c’est exactement la question que je me pose, et pas que pour l’homosexualité d’ailleurs. Très bon choix de lecture scolaire je trouve, et j’ai bien envie de la découvrir aussi. 🙂

    1. Alouqua

      Je trouve aussi que c’est un choix intéréssant pour une lecture scolaire, quan dje compares avec ce que je devais lire moi à l’époque !
      C’est une question que je me pose aussi, mais elle n’a pas de réponse, malheureusement 🙁
      Si toi aussi tu le lis, n’hésites pas à venir me dire ce que tu en auras pensé.

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