Le voisin de la cité Villène » Elodie Wilbaux

Editeur : M.E.O. Editions

Livre : ICI

Entre 1985 et 1994, dans la Cité Villène, des enfants ont été abusés par un pédophile. Devenus adultes, pour se libérer du silence qui les étouffe, ils portent plainte. La narratrice, compagne de l’un d’eux, rapporte heure après heure les détails du procès. Elle démonte le mécanisme qui conduit les jeunes victimes à se sentir coupables et leurs proches à s’aveugler. Un témoignage d’autant plus éprouvant qu’il fait remonter une souffrance enfouie, elle-même ayant été, jeune fille, victime des agissements d’un professeur pervers narcissique.

 

 

⭐⭐⭐⭐⭐

Je ne vous cache pas qu’avant de débuter ce livre, il a fallu que je m’apprête psychologiquement, je savais que ce serait difficile. Je cache une énorme partie de ma vie, et ce n’est pas pour rien, mais certains récits que je lis font parfois remonter énormément de choses… Il faut savoir que ce livre n’est pas seulement un roman, une fiction. C’est une histoire bien réelle, certes romancée, mais les faits font bien partie de la réalité.

Néanmoins, ce livre devrait être lu par le plus grand nombre de personnes, il est peut-être difficile émotionnelement, mais je pense qu’il pourrait aider pas mal de personnes.

Durant ma lecture, comme je le dis plus haut, pas mal de choses sont revenues sur le devant de la scène, mais c’est le côté très personnel que je n’aborderai pas ici. Ce que j’ai principalement ressenti, c’est de la colère, et de la haine, pas pour le récit, mais bien sur le fait que de telles personnes puissent la plupart du temps vivre sans être inquiétées des conséquences de leurs actes. Ces individus détruisent des vies, pas uniquement sur le moment des faits, leurs actes laissent des traces indélébiles qui ne pourront jamais s’éffacer, à peine peuvent-elles s’estomper avec le temps qui passe.

Ce que j’ai le plus apprécié c’est que rien ne nous est caché, nous ressentons ce qu’ils ressentent, nous pensons ce qu’il pensent. Ce livre n’est pas trash, je dirais plutôt qu’il est cash, il ne nous ménage pas, et nous serons au coeur et autour de cette horreur. Des adolescents devenus adultes, trente ans plus tard, c’est comme si les faits dataient de la veille. D’un côté cet individu accusé, de l’autre celles qui accusent. Si lui va nier en bloc, pour les victimes, c’est un morceau de leurs vies qui est mi en avant, un morceau de vie sous la lumière.

Je n’en dis pas plus, mais honnêtement, lisez ce livre, parlez-en autour de vous, peut-être connaissez-vous d’ailleurs des personnes concernées sans même le savoir.

– C’est arrivé progressivement. Au début il s’asseyait à côté de nous dans le canapé…
[…]
– Il a commencé à me prendre sur ses genoux, il faisait des caresses.
[…]
– Il m’a demandé de me masturber.
[…]
– On y allait chacun son tour.

Merci à Gérard et aux éditions M.E.O.

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