Le cri du silence > Angel Arekin

PARU LE 21 JUIN AUX EDITIONS BLACK INK

LIEN D’ACHAT – ICI

Un tueur rôde dans les Lofoten, ces îles magnifiques de Norvège, là où la nuit ne tombe jamais en hiver et où le soleil de minuit éclaire les journées d’été.
C’est ici que Maja a grandi, sur ces terres morcelées qui abritent tant de secrets.
C’est ici que Caern et sa sœur sont arrivés voilà quelques années, après la faillite de leur famille.
Adolescent silencieux et marginal, à la beauté sauvage et charismatique, Caern est pourtant méprisé de tous. Seule Maja le voit différemment et se lie avec lui malgré les mises en garde de ses proches.
Mais alors que la relation entre les deux adolescents se développe, le Tueur des Lofoten frappe à nouveau, détruisant la tranquillité de l’archipel.
Dix ans s’écoulent avant que le destin ne les remette sur le même chemin. Le passé a laissé des traces indélébiles mais l’attirance entre eux est toujours présente.
Le problème, c’est qu’ils ne sont pas seuls…


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ENCORE UNE FOIS… UN ROMAN INDESCRIPTIBLE, UN THRILLER ROMANESQUE A COUPER LE SOUFFLE ! 

Me revoici pour vous parler du dernier roman d’Angel Arekin, [Le cri du silence]. Ce roman est un véritable ovni littéraire, aucune limite au pouvoir de l’autrice dans ce récit mêlant thriller et romance érotique.

Ce roman est absolument dingue ! Je suis en train de chercher mes mots, d’essayer de vous présenter ce livre comme il faut, et je vous avoue que je rame ! Et oui, une fois de plus, cette sacrée Angel a su me bluffer, me rendre muette d’admiration face à son imagination et à son talent d’écriture. Je suis d’autant plus contente que ce roman soit paru chez Black Ink Editions, l’autrice a le champ libre pour nous proposer des histoires d’exceptions, et putain c’est ce que je recherche !

Etes-vous prêts pour [Le cri du silence] ? Sachez que l’autrice va vous embarquer dans une ambiance particulière, authentique et captivante. Vous allez vibrer aux côtés de personnages singuliers qui vont vivre une montagne de rebondissements à vous glacer le sang !

A chaque fois que je lis un roman de cette autrice, je me dis qu’elle ne peut pas plus me rendre folle, mais je me trompe lourdement, je deviens totalement accro à sa folie, et ce coup de cœur confirme mon attachement à sa plume.

C’EST L’HISTOIRE D’UNE LECTRICE PRISE AU PIÈGE DANS UN ROMAN !

Il est temps de vous raconter mon histoire de lectrice avec ce roman…

Il était une fois, une lectrice qui pris la route pour se rendre dans les Lofoten, ces îles magnifiques de la Norvège. On lui avait tant vanter la beauté de cette région, mais on avait oublier de lui dire qu’un tueur rôdait dans les parages… Elle a donc passé des moments quelque peu mouvementés… Elle s’est retrouvée au cœur d’une enquête palpitante, elle a fait connaissance avec des gens qui ont pu lui faire découvrir des paysages fabuleux, elle s’est prise d’affection pour les habitants et elle est tombée amoureuse d’un couple atypique que tout le monde s’évertuait à montrer du doigt. Le problème de la petite ville où elle se trouvait c’est que les habitants avaient tendance à juger trop facilement les gens qui sont en marge de la société… Enfin surtout une personne, Caern Corange… Le coupable tout trouvé pour cette vague de meurtres sanguinaires… Mais la lectrice avait envie de mener sa propre enquête, elle avait envie grâce aux petits indices de l’autrice, de trouver le véritable meurtrier… Et au pire… elle se serait faite avoir, non ?

Au fil des pages, la lectrice a eu des sueurs froides, des frissons d’horreur et ressenti la peur latente de se faire submerger par ses émotions. Le récit était tellement complexe, d’une richesse infinie avec des descriptions à couper le souffle. La lectrice s’est dit à maintes reprises qu’elle allait y laisser des plumes, que ce roman allait changer son monde et lui faire voir certains aspects de la vie différemment car cette histoire n’est pas qu’une fiction, ce récit est à double tranchant, une part de fiction diablement bien menée, un scénario totalement inédit qui mélange thriller et romance. Une introspection des personnages exceptionnelle ainsi que des rebondissements qui ont déroutés la pauvre lectrice sans défense derrière sa liseuse. Savez-vous qu’elle a failli y laisser sa peau à plusieurs reprises ? J’ai bien cru qu’elle n’allait pas pouvoir vous livrer son ressenti sur ce livre. Et puis, il y a des thèmes très sérieux qui sont abordés avec psychologie du début à la fin. L’autrice a fait fort avec sa manière brute d’aller là où les autres ne vont pas. La lectrice a été vraiment surprise par les sujets traités dans l’histoire, ils sont singuliers et complexes. La psychologie est mise en relief grâce à un scénario ahurissant. La lectrice n’en revenait pas, scotchée à son écran, elle a dévoré les mots, s’est sentie proche des habitants de cette ville fantôme. En évoluant avec Maja et Caern, elle était parfois déconcertée, mais toujours confiante. Maja a su lui faire comprendre combien elle aimait Caern peut importe l’avis général des autres habitants. Rien n’était simple pour la lectrice qui voulait découvrir le pot aux roses…

Au fil des pages, la lectrice s’est laissée envahir par les événements, elle a vécu des moments hors du commun. Elle ne savait plus vraiment si elle ressortirait vivante de ce voyage en Norvège. Elle qui voulait seulement découvrir des paysages uniques, elle s’est retrouvée avec une ribambelle de personnes qui se disputaient l’honneur d’une de leur amie… Mais que savaient-ils de l’amour que Maja et Caern se portaient ? Pouvaient-ils juger et accuser Caern sans preuves ? La lectrice a ressenti de la colère envers les gens qui étaient aveuglés par leurs certitudes, par leur mesquinerie et leur préjugés. Elle a eu un regard neutre sur tout ce qu’elle a vécu jusqu’à ce qu’on trouve le meurtrier… A ce moment-là, elle avait pris un coup de massue, son enquête avait foiré, elle n’avait pas trouver le coupable… Elle ferait une bien piètre enquêtrice ! Mais elle n’oublierais jamais Maja et Caern et les gens qu’elle avait rencontré en Norvège. Une chose est sûre, ce voyage l’avait marqué d’une façon inédite. Elle repartie chez elle totalement changée pour son plus grand bonheur.

Je te tiens d’ors et déjà à m’excuser pour mes piètres talents de conteuse ^^ 

DES PERSONNAGES SINGULIERS… UN TUEUR IMPLACABLE…

Après ce petit délire, je peux reprendre normalement cette chronique qui est encore partie en live ! 

Les personnages de ce roman vont vous hanter ! Mon dieu ! On débute le roman au moment où nos héros sont adolescents et j’ai adoré cela. On comprend tout de suite que l’on va avoir affaire à des personnages très intéressants. Mystérieux et intrigants !

Maja est mon coup de cœur ! Cette héroïne est tellement adorable, son cœur est  pur et tellement grand, elle est altruiste, curieuse et déjà très mâture pour son âge au début de l’histoire. Dix ans plus tard, on retrouve une femme qui a vécu un traumatisme qui l’accompagnera tout au long de sa vie, cette femme a gardé sa gentillesse, sa générosité et sa bienveillance. Son cœur est toujours aussi grand et aimant. Son attirance pour Caern a toujours été bien au-delà du physique ravageur de l’adolescent.

Mon frère détestait Caern pour une raison mystérieuse ; je ne les avais jamais vus discuter ensemble au lycée ou même s’approcher l’un de l’autre. J’ignorais pourquoi il nourrissait une telle aversion envers lui, mais en ce qui me concernait, j’étais loin de la partager. Peu importait ce que pensait Erlend, je ne pouvais m’empêcher de le trouver attirant. Il ne possédait pas la beauté esthétique d’un modèle de magazine, plutôt une aura viking, plus sauvage et plus hostile, à l’image de nos îles. Il était semblable aux montagnes aux crocs acérés qui façonnaient l’archipel, offrant des paysages aussi sublimes que redoutables.

Vous allez découvrir notre héros et sa sœur jumelle. J’ai vraiment été troublée par ce duo sulfureux. Ne sachant pas vraiment quoi penser d’eux. C’était dérangeant et en même temps hypnotique. Je n’ai eu de cesse de vouloir deviner quelle était réellement leur relation, comment étaient-ils liés… Le mystère sera-t-il levé ?

Le comportement froid, distant et sulfureux des jumeaux ne faisait que les nourrir davantage. Ils ne se préoccupaient de rien en dehors de leur moitié. C’était à cela que je pensais en les observant : deux moitiés de personne désunies. Ils étaient à la fois troublants et fascinants. Ils captaient les regards. Tels des voyeurs, nous cherchions à démêler la vérité du mensonge, mais les jumeaux Corange s’arrangeaient pour que celle-ci reste inatteignable, jouant à la perfection ce rôle qui faisait jaser.

Caern… Notre héros est particulier, singulier et complexe. Et c’est peu de le dire, je crois que je ne me remet pas encore d’avoir fait sa connaissance. C’est un personnage fascinant. J’ai été touché par son histoire et par la façon dont il s’est lié à Maja. On découvre son personnage à deux âges tout comme notre héroïne et j’ai vraiment aimé sa personnalité ambivalente, cette lutte acharnée contre ses pensées et ses envies. Il a su me séduire d’une manière totalement indescriptible. Très certainement parce qu’il est unique et que l’autrice a vraiment fait un travail approfondi sur sa personnalité. Sa psychologie est finement travaillée pour que l’on puisse vraiment se faire un avis sur lui mais surtout pour que l’on puisse essayer de comprendre ses états d’âme et ses souffrances.

Maja tourne en boucle dans ma tête depuis que je l’ai revue. Son souvenir me morcelle et me déchire les entrailles. Quand j’ai posé les yeux sur ce beau visage, plus adulte que par le passé, mais aux lignes déliées tout aussi sublimes, c’est celui de ma sœur que j’y ai vu. Comme si elle s’arrachait hors de la terre, agrippait les chevilles de Maja pour la tuer et s’approprier son corps. Cette idée m’a rempli d’effroi, alors que je n’avais qu’une envie. Comme celle d’autrefois.
La toucher.

Les autres personnages ont des rôles déterminants dans l’histoire. Vous allez rencontrer beaucoup de monde et je vous avoue que j’ai adoré cela…

Tout au long du récit, j’ai tenté de deviner qui était notre tueur… L’autrice nous fait tourner en bourrique, je suis devenue complètement parano, je n’arrivais plus à rester saine d’esprit. Le doute ne cessait de s’immiscer en moi. Angel Arekin nous offre quelques passages dans la tête du tueur et ils sont jouissifs…

La rage se déversait dans ses veines. Elle palpitait tellement fort en lui qu’elle paraissait vivante. Une entité qui prenait possession de lui. Elle le rendait fou, il le sentait bien. Elle pulsait dans sa tête, le noyant sous des images macabres, des images qui lui plaisaient. Des images qu’il voulait rendre vivantes à leur tour, comme sa rage. Pétrir son rêve, le modeler à sa guise et le détenir enfin. Il pensait que c’était passé, que ça ne reviendrait plus. Cette envie profonde. Primaire. Qui semblait remonter au cerveau reptilien, à la nuit des temps. Ça ne pouvait être que ça. Un instinct animal et primitif sur lequel il n’avait aucun contrôle. Et puis il se souvenait pourquoi. La source de sa motivation. Ce qui l’excitait. Là, au plus profond de ses tripes. Et d’y songer, son sexe gonfla. La pression exercée lui procura une petite douleur qu’il trouva agréable un moment, puis trop violente. Il avait envie de l’expulser hors de lui. Ses mains en tremblaient de désir. Il repensa à la fille sur la falaise. À son sexe planté en elle comme une dague pendant qu’il la prenait, serrant férocement son cou sous ses doigts. Au sang qui avait coulé sur lui, maculant sa peau en de longs serpents rouges. Il les avait trouvés magnifiques, et il s’était senti si puissant. Il rêvait de cette puissance. Chaque jour. Chaque nuit. Chaque minute. Il aurait voulu que tout le monde l’admire en sachant que ce n’était pas prudent et pas réaliste. Il en était conscient. Certaines choses devaient demeurer secrètes, ses désirs en faisaient partie.

UN SCÉNARIO MAGISTRAL… DE L’ACTION, DU DANGER, DU SUSPENSE ET DE L’AMOUR !

— Je n’ai jamais eu peur de toi, Caern Corange ! Jamais !

Angel Arekin nous revient avec un scénario digne d’un grand thriller romanesque. Elle imprime un rythme soutenu et addictif. Elle trompe ses lecteurs pour les mener sur des fausses pistes… Les rebondissements tombent au bon moment, aucun répit dans cette chasse au tueur.

Le roman se divise en deux parties distinctes. J’ai aimé cette particularité qui nous offre une intrigue intense. Le côté thriller du roman est bien exploité car il se fond dans la romance qui garde une place de choix dans l’histoire. L’AMOUR est une constante et il se décline de diverses manières. Angel Arekin joue encore avec cette notion d’amour, sans limite, l’amour sous toutes ses formes. Elle dissèque ce sentiment en mettant en lumière les émotions qui peuvent en découler… Attirance, désir, haine, honte et culpabilité. Elle nous entraîne loin grâce à l’enquête qui donne une ambiance pesante au récit. J’ai adoré plonger dans cet univers unique et si bien mis en scène.

La double narration est primordiale, même si les chapitres du point de vue de Caern sont moins nombreux, et bien ils sont sources d’informations capitales. L’écriture de l’autrice nous plonge dans un récit riche en descriptions, j’ai aimé ce voyage en Norvège, les passages narratifs nous absorbent, on vit cette histoire comme si on y était ! Les dialogues sont sources d’émotions, j’ai été happée par l’intensité des échanges entre nos personnages.

UNE ROMANCE HORS NORME. UN AMOUR QUI TRANSCENDE…

Une fois de plus, la romance dépasse l’entendement. J’ai été terrassée par l’amour que Maja et Caern se portent. L’autrice tisse un lien entre ses héros, un lien que personne n’est à même de comprendre. Une connexion intime et indéfectible. La preuve, dix ans plus tard, leur amour est intacte malgré les épreuves et le regard des autres…

Cela reste une romance atypique qui n’a rien de classique dans son évolution. L’érotisme a une place particulière dans cette histoire, c’est explicite avec un aspect psychologique à prendre en compte. J’ai trouvé les scènes tellement puissantes et singulières. La confiance que Maja accorde à Caern est magique, de cette confiance découle l’amour et le plaisir. Maja accompagne Caern dans cette transition difficile. Les scènes de sexe m’ont fait frissonner, une explosion d’émotions, des sentiments qui se bousculent et un désir incontrôlable en découle. L’autrice sait toucher notre psyché, vous savez ce moment où vous êtes persuadés que telle ou telle pratique ne sera jamais source d’excitation… Bah votre cerveau et votre corps, eux, ne sont pas d’accord avec votre raison étriquée ^^ Et ça, Angel Arekin l’a bien compris et elle en joue à mort !

— Tu peux me faire ce dont tu as envie, Caern.
Ma main droite s’engage sur la couture de son jean. De l’autre, je remonte vers ses pectoraux, savoure les muscles contractés et le velouté de sa peau fine.
— Ne dis pas des choses pareilles.
— Je veux être avec toi.
— Tu ne sais pas ce que ça signifie.
Je déboucle sa ceinture sans qu’il ne me retienne et détache un à un les boutons de son pantalon.
— Montre-moi.
Je sens tout son corps se raidir.
— Maja, tu es différente, à mes yeux. Tu ne comprends pas que…
Il paraît chercher ses mots, alors que ma main passe sur son caleçon, éprouve la dureté de son membre. Je ferme les paupières pour en apprécier la forme, l’épaisseur et, lorsque je n’en peux plus de désir, j’introduis mes doigts sous l’étoffe pour le caresser. Il grogne, jure, puis brusquement se retourne pour me saisir sous les cuisses. Il me soulève dans ses bras, m’embrasse avec rage et me porte jusqu’au matelas étalé dans le fond de la cabane, au cœur des ombres.
Il me renverse sur les draps, me recouvre de son corps imposant. Il tire sur son pull pour l’ôter et vire son t-shirt, libérant à ma vue son torse sculpté de muscles fins et bien dessinés. En appui sur les mains au-dessus de moi, son regard farouche me télescope et son visage prend un aspect animal. Son bassin insinué entre mes cuisses, il donne un coup de hanches, puis se penche vers moi, laisse ses lèvres courir sur les miennes, avant de posséder ma bouche. Lorsqu’il s’en détache, il me prévient, comme autrefois, d’une voix hachurée par la fièvre :
— Ne crie pas, Maja, s’il te plaît… surtout ne crie pas.

Nos héros se donnent corps et âme. Cette romance a pulvérisé mon cœur pour mieux le reconstruire sur des fondations saines et solides. J’ai tellement aimé l’axe que l’autrice a choisi, elle met en lumière l’importance de la confiance dans un couple, elle sublime chaque déclaration d’amour en les rendant sincères et vraies. L’histoire d’amour naît dans un climat hostile, elle est la seule source d’espoir dans l’histoire et elle parvient à illuminer les nuits de nos héros.

— Tu es à moi, Maja, n’est-ce pas ?
Il semble m’implorer que ce soit le cas.
— Oui, je le suis. Tu es à moi, Caern ?
— Oui.

EN BREF : 

On me dit dans l’oreillette que c’est le moment de clore cet avis… Mais comment puis-je cesser de vous parler de ce roman ? Mon esprit est en ébullition, mes nerfs à fleur de peau, mon âme et mon ventre palpitent encore ! Et ce serait le moment de me taire ? Hum… Je vais être obéissante ! Je vais conclure sur le fait que ce roman est un ovni littéraire. Un récit unique qui mêle thriller et romance à la perfection. Attention, ce n’est pas une énième romance à suspense, que nenni (expression inusitée depuis le moyen âge lol). [Le cri du silence] c’est le coup de cœur que j’attendais comme le messie ! Pas Lionel Messi, hein !?! Non ! Ce roman, c’est une fois de plus un coup de folie pur d’Angel Arekin. C’est une prise de risque jouissive qui me démontre une fois de plus que cette nana en a dans le pantalon. C’est pour cela que je suis toujours au rendez-vous à chacune de ses sorties livresques. Ça devient une drogue ^^

A lire si vous aimez…

  • Les thrillers angoissants et palpitants.
  • Les romances atypiques qui subliment l’amour.
  • Les héros singuliers et complexes.
  • Les héroïnes douces, attachants et bienveillantes.
  • Les thèmes sensibles abordés avec une psychologie fine.

— Caern ! m’écriai-je.
Mais il ne sembla pas m’entendre. Il se glissa sous les piliers d’un rorbu abandonné, que mon père n’avait pas encore pris le temps de retaper. Il était planté là, enveloppé de sa vieille peinture écaillée, comme dérivant, au milieu des rochers qui semblaient se faire avaler par les eaux. Plus loin, à quelques mètres de notre cachette, un projecteur avait été allumé et balayait les amas de roches qui se profilaient et luttaient contre la montée de la marée. En silence, je me collai contre le dos roide de Caern, le cœur battant soudain la chamade. J’ignorais si c’était à cause de la réaction étrange et froide de mon petit ami ou bien à cause du projecteur qui paraissait irradier le paysage d’une lumière diaphane, alors que tout autour était encore plongé dans l’obscurité. Le roulis de la houle était assourdissant par ici. On n’entendait même pas les voix des policiers, pourtant à quelques mètres. Les vagues venaient s’échouer contre les premiers piliers de la terrasse du rorbu et nous éclaboussaient en des myriades de gouttelettes salées. Mais Caern ne semblait pas y être sensible. Il était concentré sur ce qui avait rassemblé les flics ici, au petit jour. La joue appuyée contre son bras, je les observai se déplacer en grappes, se traînant mollement, pris de torpeur. La scène semblait presque figée, à peine mouvante. La lumière du projecteur contrastait avec les lueurs bleues qui se prenaient dans son faisceau, maculant la roche de poussière céruléenne. S’il n’y avait pas eu l’armada d’uniformes qui éveillait en moi une terreur ancestrale, glaçante et implacable, la scène aurait pu être belle. Le décor s’y prêtait, ces monceaux de terre disparaissant dans les eaux qui roulaient encore et encore sur eux, comme pour se les approprier, et les larmes bleutées qui se dispersaient dans le vent au-dessus d’eux.
Puis tout se figea, devint obscur et ténébreux.
Caern se détacha du pilier et arracha sa main de la mienne. Je le regardai, impuissante, courir vers le projecteur. Sa silhouette fut saisie dans la lumière. Les policiers, stupéfaits eux-mêmes par la charge de Caern, ne bougèrent pas durant une longue seconde. Et soudain, tout se remit à bouger. S’accéléra. La réalité parut se briser sous mes yeux. Je reconnus Sørensen à sa carrure massive, et Jorg, à ses cheveux blonds coupés en brosse, qui saisirent Caern aux épaules. Celui-ci se débattit avec fureur. Oui, c’était de la fureur, de la sauvagerie, dans chacun de ses gestes. Il donnait des coups de pied, des coups de poing. Un troisième policier dut aider pour le ceinturer, mais sa furie était telle qu’il passa à travers le cordon de leurs corps en se propulsant de toutes ses forces. Il ressemblait à un animal acculé, prêt à tout. La voix de Sørensen claqua dans les airs, vibra, quand il le prévint :
— Ne la touche pas !
Mon cœur se disloqua à ses mots. Mes jambes se déplacèrent sans mon accord, parce qu’au fond de moi, je ne voulais pas avancer. Je ne voulais pas non plus regarder. Pourtant, c’était plus fort que moi. Que ma raison ou mon propre corps. J’avançai.
Jorg me vit approcher et mit son bras en barrage devant moi pour que je n’aille pas plus loin, mais ce n’était pas utile. Il me parla mais je n’écoutais pas. Il voulait me détourner, mais je me débattis pour qu’il me libère, qu’il ne pose pas les mains sur moi.
Je balayai le rivage du regard et mes yeux s’écarquillèrent, mes larmes coulèrent et la bile remonta de mon estomac.
Caern était à genoux, ses doigts crispés sur la roche dure du fjord, crissant et griffant comme s’il cherchait à la transpercer. Ses cheveux étaient battus par le vent et se collaient à ses joues trempées de larmes. Mais le plus dur à regarder, c’était cette bouche entrouverte, pleine de sang à cause de sa lutte, qui n’arrivait pas à pousser un son. Un hurlement sourd. Cette bouche ouverte sur le néant, incapable de libérer sa voix. Et ses yeux lancés vers l’horreur. Je poussai un gémissement, alors que Jorg tentait de se mettre en barrière pour me masquer l’effroyable scène qui se crayonnait le long de la baie. Quelques secondes avaient suffi pour qu’elle soit tatouée à tout jamais dans mes rétines, imprimée dans ma mémoire, dans chacun de mes cauchemars.

Je remercie les éditions Black Ink pour cette lecture.

A propos de MarleneEloradana

Marlène, trentenaire du sud de la France, véritable bookaddict, je ne suis jamais rassasiée quand il s'agit de lecture, dévoreuse de romances en tout genre mais surtout celles qui font vibrer et s'émouvoir au fil des pages.

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