Le prieuré de Crest » Sandrine Destombes

Editeur : Hugo Thriller

Livre : ICI

 » Madame, je vais vous demander de sortir du véhicule, s’il vous plaît.  »
Le sous-lieutenant Benoit se remémorera longtemps cette scène avec une seule question en tête : aurait-il agi différemment s’il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ?
Une enfant de huit ans tourmentée.
Une mère disparue à cause du 6-6-B.
Une conductrice qui finit sa course dans le fossé.
Un cadavre aux yeux énucléés.

Telle une comptine macabre, voilà les quelques mots qui se trouveraient dans le rapport du gendarme avant que les Experts du Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale ne débarquent à Crest.
Toute cette agitation vient troubler cette commune tranquille de la Drôme. La tranquilité, c’est aussi ce que sont venues chercher la hiératique Joséphine et ses protégées ; ces femmes du prieuré, sorte de gynécée où les hommes n’ont pas droit de cité.

 

⭐ ⭐ ⭐ ⭐

Après avoir lu Les jumeaux de Piolenc, je n’avais qu’une envie, pouvoir à nouveau lire cette auteure.

Pour moi, le point fort de ce thriller, c’est le fait que Sandrine Destombes met en avant certains problèmes de société, qu’elle met en avant des thèmes peu utilisés et pourtant tellement réels. Son point fort, c’est qu’elle ose, et qu’elle fait bien d’oser car le résultat est bien présent. Le fait que j’ai moins accroché que lors de ma précédente lecture, n’empêche en rien que je continue d’être sous le charme de cette plume clairement faite pour le thriller, elle ne peut que ravir les amateurs du genre, et moi, c’est la deuxième fois qu’elle me régale.

Mon principal regret est que j’ai trouvé que parfois les passages plus techniques prenaient un peu trop de place, mais ce n’est bien entendu que mon ressenti, peut-être que cela ne sera pas votre cas et que vous ne verrez pas d’inconvénients à cela. Cela a ralenti un peu ma lecture alors que sur d’autres passages les pages s’enchaînaient sans que je ne puisse m’arrêter. En fin de lecture, et en y réfléchissant, je me dis que finalement ces passages techniques ont leurs importances, qu’ils sont bien là où ils sont, qu’au final ce n’est pas un réel point négatif, mais que c’est vraiment une sensation qui m’est personnelle.

Bien que les personnages soient parfois nombreux, je n’ai pas eu de difficultés pour m’y retrouver, même si je trouve que c’était parfois un peu trop, ils ont tous un rôle à jouer dans l’intrigue.

Un autre point fort, un point que j’aime souligner lorsque c’est le cas, c’est qu’on sent que l’auteure maîtrise réellement son sujet, elle ne lâche pas des infos en veux-tu en voilà et n’importe comment. Chaque chose est à sa place, chaque détail à son importance, peut-être pas sur le moment, mais il servira peut-être plus tard. Que ce soit dans l’intrigue elle-même, ou dans tout ce qui est technique, tout est clair et travaillé. Elle ne se limite pas à nous sortir des récits dont elle tire des  infos dans des séries à succès, non, on sent vraiment qu’il y a de la recherche et que cela a pris du temps à mettre en place. C’est en cela que j’aime les thrillers de cette auteure, et pourtant c’est seulement le deuxième que je lis d’elle.

J’ai adoré me perdre dans les méandres des interrogatoires, des investigations, dans les suppositions, mais surtout dans ce contre la montre qui a su mettre mes sens en éveil de par son ambiance prenante avec laquelle j’ai frissonné d’angoisse à plusieurs reprises. Et cette fin… ma première réflexion en la découvrant fut : non, pas possible, elle est sérieuse ? Eh oui, c’est clair que je ne m’attendais pas à cela, mais dans un sens, elle est logique et en adéquation avec l’intrigue.

Tout se passa très vite. Alors que le sous-lieutenant Benoit s’écartait pour laisser sortir le conductrice, celle-ci avait enclenché son moteur et déboîté comme une furie, manquant de peu d’écraser le pied du gendarme.

Merci à Stéphane et au site 20 minutes.

A propos de Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog. J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

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