La Masculine » Laurence Qui-Elle

Editeur : Editions du Net

Livre : ICI

« Elle était une fois la rédactrice La K et sa manipulatrice préférée Glike, une intellectuelle trentenaire et une manuelle quinqua des Femmes à la plume. Dans leur ville parisienne où la Notre-Dame a été recyclée en usine champignonnière alors que la Tour-F-Elle penche désespérément vers l’Avenue de la Grande-Désarmée, les femmes ont survécu à une maladie ravageuse et mortelle. Toutes vivent sans leur couillue ! Les grammairiennes intensifient leur déloyauté langagière autour de la Langfem et une révolution couve… »

 

⭐ ⭐ ⭐ ⭐

En dehors du récit lui-même, ce que je trouve des plus intéressants à découvrir, c’est la contrainte, l’auteure a écrit ce récit sans y mettre de mot masculin. C’est particulier de ne pas croiser de mot masculin dans un texte, mais franchement le résultat est saisissant.

Par contre, il m’a bien fallu un petit temps d’adaptation, mais une fois passées les premières pages, cela devient plus facile. Nous avons tellement l’habitude des mots masculins et féminins, que lorsque l’on retire un des deux, cela donne un résultat très différent, mais franchement agréable à lire et surtout enrichissant je trouve. J’avais déjà lu des textes assez courts, genre une page A4 ou deux, sans mots masculins, mais jamais un récit complet de plus de 100 pages, c’est une expérience inédite pour moi, mais je réitère sans soucis, surtout si l’auteure fait une suite. Avec cette fin qu’elle nous donne ici, la porte est grande ouverte pour une suite en tout cas, et j’espère que celle-ci verra le jour, en tout cas si c’est le cas, je serai au rendez-vous 🙂

Pour vous parler de l’histoire en elle-même, eh bien Laurence Qui-Elle nous plonge dans un monde où l’homme a disparu, seules les femmes sont toujours présentes, et le féminin a prit toute la place, car même dans le langage, ce masculin a disparu. Ce qui nous donne parfois des tournures de phrases étonnantes, mais dans lesquelles j’ai trouvé que la sonorité nous emmenait dans un récit poétique et parfois encore plus intense. C’est vrai que la féminisation de certains termes est parfois quelque peu déroutante, mais franchement j’ai passé un très bon moment.

Une belle expérience pour ma part avec cette découverte d’un récit sans masculin, un récit qui m’a étonnée, parfois déroutée, mais avec lequel je me suis régalée.

Finalement, la confession de Dekdok me rendait incapable de remonter la piste des femmes responsables de la mort de ma grande-maternelle. Ma plainte m’aurait fait passer pour quelqu’une de suspecte. Elle m’aurait exposée à des femmes soudées comme des coques. Et à l’hydre, la créature invisible, à la voix tordue.

Merci à Laurence Qui-Elle ainsi qu’au site Simplement.Pro.

A propos de Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog. J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *