Comme sur des roulettes » Laura Ferret-Rincon

Editeur : Nats Editions

Livre : ICI

Entre une grande sœur qu’elle jalouse, un père qui se réfugie dans l’écriture et une mère qui n’affronte jamais les problèmes, Héloïse, 15 ans, étouffe.
Après une année de seconde difficile, entre rejet et premier amour, elle trouve une échappatoire dans le théâtre.
À l’occasion d’un échange scolaire avec un lycée de Finlande, Héloïse comprend que, pour évoluer, elle doit partir.
Il ne reste qu’un détail à régler : convaincre sa famille de la laisser voyager, alors qu’elle ne se déplace qu’en fauteuil roulant.

 

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Les livres qui ont pour thème le handicap sont toujours poignant à lire, Comme sur des roulettes ne sera pas l’exception. Ce que je trouve « intéressant », c’est surtout de voir de quelle manière l’auteur gère le sujet, de quelle manière celui-ci est traité. Certains le mettent tellement en avant que l’on ne voie plus que cela, d’autre en font une force pour leur personnage, d’autre encore en font un sujet qui vire très vite au tabou.

En ce qui concerne Laura Ferret-Rincon, j’ai trouvé qu’il était traité de belle manière, de manière réaliste surtout, mais pas en allant jusque dans l’apitoiement du lecteur pour le personnage victime de ce handicap. Oui c’est une faiblesse pour Héloïse, oui c’est un fait qu’elle est diminuée,  qu’elle ne peut faire ce que les autres font, mais quelque part c’est aussi ce qui fait qu’elle est différente des autres pimbêches qui se la pètent. Mais une faiblesse peut aussi devenir un point fort, un point qui ne deviendrait qu’un détail, certes pas insignifiant, mais relativement secondaire.

Durant la période scolaire, il y a toujours des personnes prisent comme « victimes », pas besoin d’être différent, pas besoin d’être en chaise roulante. Mais si vous y ajoutez cette fameuse chaise, forcément la « victime » est toute désignée ! Pour ma part, j’ai aimé la manière dont l’auteure parle de ce handicap, il est omniprésent, mais j’ai trouvé qu’il ne donnait pas envie de ressentir de la pitié pour Héloïse, et pour moi, c’est un très bon point. Je ne dis pas que je n’ai pas eu envie de faire un carnage par moments, que je n’avais pas envie de rentrer moi-même dans le récit et de faire un strike sur une certaine Johanna pour commencer… Pile le genre de personne que je ne supporte pas, une véritable peste.

Un récit avec un thème difficile mais traité avec justesse, je n’ai pas eu l’impression que c’était exagéré, c’est juste bien équilibré. Une adolescente à laquelle je me suis attachée dès le départ, pour laquelle j’aurais eu envie de servir de rempart face au reste du monde et principalement les personnes qui ne voient que la chaise roulante et non pas la jeune fille assise dessus. Une très belle histoire que je vous conseille de découvrir, que vous soyez jeunes ou pas c’est un sujet qui touche forcément le lecteur. De plus, Laura Ferret-Rincon possède une très belle plume qui m’a emmenée du premier mot au dernier sans que je ne vois les heures qui défilaient.

On me dit souvent que je suis jolie. Peut-être. Mais lorsque je croise mon regard dans la glace, j’ai de moi la vision d’une machine dysfonctionnelle. Je regarde cette poitrine, déjà formée, ce haut du corps, musclé à force d’effectuer le travail de mes jambes, ces cuisses qui ne me portent pas. Et surtout, le fauteuil, qui semble tout effacer pour ne laisser qu’une personne incapable de marcher.

Merci à Merry et aux éditions Nats pour leur confiance.

A propos de Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog. J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

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