La gueule de leur monde » Abram Almeida

Editeur : Paper Tales

Livre : ICI

Lorsqu’un jeune diplômé africain se décide contre tout bon sens à rejoindre la horde de migrants qui tente de traverser la méditerranée pour atteindre l’Europe, on se doute déjà que quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde. Mais comme tous ces indésirables fuyants la guerre, la famine ou Dieu sait quelle autre calamité dont seul le tiers monde a le secret, il a ses raisons. Il est pourtant bien loin de s’imaginer ce qui l’attend au cours de son périple où rien, mais alors vraiment rien ne se passe comme prévu. Dehors il y’a désormais des djihadistes qui redessinent la figure du monde à l’arme lourde, des forces de l’ordre qui ne savent plus où donner de la matraque, des malfrats de tous bords qui font des affaires avec des vies humaines, le tout dans le dos de gouvernements trop occupés à se refiler tout ce monde de misère envahissante. Notre héros lui ne voit pourtant aucune incohérence à toutes les invraisemblances de ce monde, c’est un Candide des temps modernes. Avec trois compagnons de route aussi touchants que comiques, il arpente les sentiers de la migration sans se soucier de ses dangers. Ces drôles de lurons arriveront-ils au terme de leur voyage ? Celui-ci en vaudra-t-il la peine ? Quoi qu’il en soit, l’Europe n’a qu’à bien se tenir… Ils arrivent !

 

⭐⭐⭐⭐⭐

Cela m’arrive peu de fois, et heureusement, mais il est difficile d’expliquer mon ressenti après ma lecture, et surtout d’expliquer pourquoi il faut absolument découvrir La gueule de leur monde. Les mots me manquent, et c’est un effet assez rare que pour le souligner.

Bien que le sujet est difficile, j’ai trouvé que l’auteur l’avait écrit avec un grand talent. Je n’y ai pas ressenti de jugement, alors que cela aurait été facile de le faire, malgré tout, il nous pousse à la réflexion. Il est impossible de sortir totalement indemne de ce genre de livre, on en ressort changé, peu importe à quel niveau, car chaque lecteur ne le sera pas de la même manière, mais c’est un des effets qu’opère le roman d’Abram Almeida.

En fin de lecture, je me suis représentée ce livre comme un coup de poing, mais j’ai finalement changé d’avis. Je trouve que la meilleure manière de le représenter serait de le voir comme une personne qui se trouve face à nous, qui nous expose des faits, qui nous oblige à ouvrir les yeux ou à sortir du brouillard qui nous entoure et que l’on trouve parfois si confortable parce qu’il nous empêche de voir la réalité telle qu’elle est. C’est une prise de conscience, et bien que je ne sois pas du genre à fermer les yeux sur la réalité de ce monde, je pense qu’inconsciemment tout le monde le fait, moi y compris. Je ne suis pas la dernière à dire que je n’ai pas envie de lire un journal ou de regarder sa version télévisée parce que la plupart du temps ce ne sont que de mauvaises nouvelles, pourtant c’est la réalité, que nous le voulions ou pas, que nous l’acceptions ou pas.

Si je ne dis rien sur le livre en lui-même, c’est simplement parce que je trouve que ce n’est pas un livre dont il faut en dire plus que le résumé, c’est un livre que l’on découvre, que l’on digère, dont nous parlons autour de nous, mais sans rien dire de plus. C’est un livre que je vais recommander à mon entourage, sans hésiter, je connais quelques esprits bornés à qui ce livre ouvrirait peut-être les yeux.

Nous sommes dans un roman où la réalité de la vie nous percute de plein fouet, qui nous fait prendre conscience que la vie ce n’est pas le monde des Bisounours, qui nous force à voir cette réalité. La plume de son auteur est juste, parfois percutante, mais d’une justesse incroyable. Je ne vous cache pas qu’il m’a été impossible d’écrire mon avis directement, je l’ai lu hier, j’ai du laisser passer la nuit et presqu’une journée entière avant de pouvoir mettre des mots sur mon ressenti.

La balle est maintenant de votre côté, mais sincèrement, ne passez pas à côté sans vous arrêter !

Je rentrais dans ma chambre, las. J’en avais marre. Non, sérieusement, à un moment, c’est bon quoi ! Marre ! Ras-le-bol que j’en avais. Passer cinq ans de sa vie à faire des études. Pour quoi au final ? Se faire recaler à tous les entretiens d’embauche ? Pure connerie. Que vous aurez un bon métier qu’ils disaient ! Attendez que je leur mette la main dessus. Que vous réussirez votre vie qu’ils ajoutaient ! J’attends toujours.


Merci à Abram Almeida pour sa proposition de service presse.

A propos de Alouqua

Depuis toujours j'adore lire, déjà enfant il m'était impossible de me passer d'un livre. Quand à partager mes avis, eh bien je l'ai toujours fait, c'est donc devenu pour moi une évidence d'ouvrir un blog. J'ai l'avantage de lire un peu de tout, je n'ai jamais aimé me restreindre, en quoi que ce soit.

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