Ma femme… Ce monstre » Crystal Cossey

by

Editeur : Evidence éditions

Livre : ICI

Rien ne prédestine ce charmant jeune homme, militaire, à rencontrer celle qui va le détruire durant presque trente ans. Obligé de l’épouser seulement quelques mois après l’avoir rencontré, il endosse une paternité qui n’est pas de son fait. Nous sommes dans les années quatre-vingt. Elle n’aura de cesse de le frapper, l’humilier, le bafouer, salir le nom et la position sociale qu’il lui apporte. Sur fond d’alcoolisme et de sexualité salace et scabreuse avec des amants de passage, des « baltringues », cette femme va tenter de l’entrainer dans cette vie dépravée. Jamais il ne tombera dans ce précipice, au grand désespoir de Hyacinthe. Bien qu’il essaie de parler de ce qu’il vit, des coups, des blessures, dont il gardera à jamais les blessures psychologiques, dès qu’une personne intervient afin de le sortir de cet enfer, la seule réponse qu’il peut fournir est « Ce n’est pas de sa faute ». Faudra-t-il attendre qu’elle attente à sa vie pour qu’il sorte enfin de cet abîme ?

 

⭐⭐⭐⭐

Ce que j’aime dans le principe des masses critiques de Babélio, c’est que cela me donne l’occasion de pouvoir découvrir des livres que je n’aurais certainement pas acheté. Cela m’est arrivé plusieurs fois, et chaque fois j’en viens à me dire que j’ai raison d’oser tenter des livres vers lesquels je ne suis pas forcément attirée aux premiers abords. Et c’est le cas ici avec Ma femme… ce monstre de Crystal Cossey qui au départ ne faisait pas partie des livres que je prévoyais de découvrir.

Nous ne savons pas ce qu’il se passe derrière les murs d’une maison une fois la porte close. En général on entend souvent parler de femmes battues, une chose que je trouve inadmissible, mais quand parlons-nous du cas inverse, des hommes se faisant battre par leurs femmes ??? J’ai connu un homme pour lequel cette situation n’était pas étrangère, mais bon c’était uniquement lorsque sa femme avait un verre dans le nez après une soirée bien arrosée, elle se lâchait et il en prenait plein la gueule. Si je trouve inadmissible qu’une femme soit battue, je ne trouve pas normal non plus que l’inverse puisse exister. Je ne dis pas que je n’ai jamais eu envie d’en coller une bonne à mon homme surtout lorsque l’on a une bonne engueulade, mais je n’ai jamais été plus loin que l’envie de le faire, je ne suis pas violente. Mais je me dis que si j’avais un brin de violence en moi, il s’en serait déjà reçu quelques unes bien placées, donc je peux concevoir que certaines femmes franchissent ce cap, bien que je ne cautionne pas, bien entendu.

Durant ma lecture, je suis passée par plusieurs stades, d’abord l’incompréhension face à cette femme, mais également face à lui qui finalement a subi, le moment le plus extrême ayant été que je puisse ressentir une haine telle que je n’en ai jamais connu dans la vie de tout les jours, et il a fallu que ce soit en lisant un livre que je découvre que j’étais capable de ressentir cette haine avec une telle force que j’en suis choquée moi-même. Aaaaaaah je peux vous dire que si je l’avais eu devant moi, elle, j’aurais moi aussi passé mes nerfs sur elle et ensuite j’aurais fait l’innocente en disant que c’était plus fort que moi et que c’était de sa faute à elle si ma réaction était à ce point extrême. Si je pensais ressentir de la pitié et de la compassion pour cet homme, ce ne fut pas le cas, ce serait plutôt de l’admiration, si je peux appeler cela de cette manière. Face à ce qu’il a subi il n’ a jamais fait ce qu’il aurait pu, car oui, il aurait pu se rebeller et faire comme sa narcissique de femme et à son tour la battre avec une telle rage qu’il garde enfermée en lui, que cela aurait pu faire d’énormes dégâts.

Si je trouve que Crystal Cossey a très bien abordé le côté psychologique de ce roman, d’après moi elle s’est justement un peu trop concentrée sur ce côté en laissant un peu de côté le niveau émotionnel. Le rendu général aurait été encore plus prenant si ce côté émotions avait été un peu plus présent, bien que je trouve que ce soit déjà difficile à lire sans avoir envie de tout casser, si les émotions avaient été plus présentes, cela aurait rendu ce livre encore plus prenant et profond. Par contre si cela avait été le cas, je ne sais pas comment je serais sortie de ma lecture, parce que déjà là, je vous avoue que lorsque je l’ai refermé, je n’en menais pas large et franchement un rien je serais partie en vrille, alors ajoutez à cela les émotions, …

Ce qui fait un peu peur, c’est de se dire que justement ce n’est pas vraiment un roman, que tout ce calvaire que l’on découvre dans ce livre est bien réel, que Pierrick existe bel et bien et que c’est de sa vie que nous parle Crystal Cossey. Au départ, je me suis dit que j’allais le lire comme si je lisais un roman et non un morceau de vie d’une personne réelle. J’ai réussi au début, mais ensuite je n’ai plus pu le faire car penser que tout cela existe me faisait froid dans le dos, alors je me suis mise à penser à cet homme non plus comme à un personnage de livre mais bien en tant que personne.

Hyacinthe n’est pas un monstre, non non, elle est tellement pire que cela que je ne sais même pas quel qualificatif lui donner !

Merci à Babélio pour cette masse critique ainsi qu’aux éditions Evidence pour l’envoi de ce livre.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Comment *