Le putain d’énorme livre du bonheur qui va tout déchirer > Anneliese Mackintosh

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PARU LE 16 MAI 2018 AUX EDITIONS MILADY

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Ottila a décidé d’être heureuse et ça va faire mal.

Ottila a un problème. Enfin, elle en a un paquet. D’abord elle est alcoolique. Son père est mort pendant qu’elle se complaisait dans une éternelle gueule de bois. Sa sœur a été internée. Sa mère est en train de craquer. Et ses amis la tirent vers le bas. Sauf Thalès, le type le plus sain qu’elle ait jamais rencontré. Thalès donne envie à Ottila de devenir meilleure. Alors elle décide de faire un doigt à son « contexte » pourri et vole Le Petit Livre du bonheur à la bibliothèque. Puis elle entreprend de le scrapbooker sauvagement : mails, SMS, transcriptions de séances de thérapie, dessins… tout y passe.. Le résultat : un roman insolite, contagieux, qui vous fera autant rire (jamais élégamment) que pleurer.


⭐⭐⭐⭐

Et excusez le langage, mais je peux vous que c’était un putain de bon livre !

C’est la première fois que je lis un roman tel que celui-ci. Pas de doute, Anneliese Mackintosh a de l’audace, beaucoup même. Ce roman classé en feel good déroutera sûrement les lecteurs tant sur le fond que sur la forme. Ottila, notre héroïne, a décidé d’être heureuse… Et franchement, attention car elle a des manières assez peu conventionnelles pour y arriver.

Il faut savoir que rien ne va dans la vie d’Ottila. Elle est alcoolique, entourée de gens qui la tirent vers le bas mais une seule personne lui donne envie de sortir de ce merdier et c’est Thalès alors elle va prendre de grande résolution grâce au « Petit livre du bonheur » qu’elle va littéralement transformer en « Putain d’énorme livre du bonheur qui va tout déchirer ». Allez savoir pourquoi, dès les premières lignes j’ai su que ce roman allait me plaire. Il est absolument dingue, c’est un roman pas commun, il se lit super vite car Ottila agrémente son histoire de SMS, de mail, de ticket de caisse, etc… Ce livre c’est un journal intime couplé au livre du bonheur. Sauf que le bonheur selon Ottila ça dépote grave !

En lisant ce livre, je me suis dis qu’il plaira aux lecteurs qui aiment les récit hors normes. Ceux qui aiment les anti-héroïne, car c’est un peu le cas d’Ottila au début de l’histoire. Mais étant donné qu’elle a décidé de prendre sa vie en main, elle devient cette super héroïne qui aura je l’avoue quelques ratés lors de son parcours vers la sobriété mais j’ai admiré son personnage pour tout un tas de raison. Elle a une personnalité totalement borderline, mon dieu, en fait, j’ai adoré Ottila, elle m’a fait rire, mais elle a su me toucher aussi. Ottila n’était pas du genre à choisir de se démener pour s’en sortir, elle a toujours choisi la facilité mais voilà qu’elle se retrouve obligée de rester sobre pour un mois complet à cause d’une déconvenue sexuelle… Bref, tant qu’à arrêter de boire un mois… autant tenter d’arrêter totalement, non ? Et bien, c’est la décision que notre héroïne va prendre en gardant à l’esprit que sa récompense ultime pourrait être de se rapprocher de Thalès.

C’est comme cela que tout démarre dans ce roman totalement déjanté. Vu les thèmes abordés dans le roman, on pourrait croire que le récit va être démoralisant mais pas du tout. Du moins, il n’a pas eu cet effet sur moi et bien au contraire. Ce roman est un peu cynique je ne vous le cache pas mais il y a aussi de l’autodérision, du lâcher prise, de la remise en question et un but à atteindre grâce à ce livre du bonheur qui va rendre folle Ottila.

Ce roman est hyper interactif, il nous immerge dans notre société et j’ai aimé qu’Ottila souhaite se démarquer de toutes ces pseudos règles que le monde nous impose. Qu’on se le dise, elle est particulière, cette femme est même un peu fêlée, on peut le dire comme ça mais elle assume et elle rebondit sur ses échecs. Savez-vous ce que cela demande de combattre une addiction ? Pensez-vous que l’on devient sobre du jour au lendemain lorsque l’on est alcoolique ? Et bien certainement que non, tout comme moi, car je n’ai jamais eu besoin de lutter contre l’alcool, le jeu ou tout autre addiction. Mais c’est ce que notre héroïne va entreprendre, elle va aussi rayer de sa vie tout ce qui la tire vers le bas… Terminé les liaisons avec des hommes mariés… Stop à l’alcool… C’est un long parcours du combattant qui s’annonce  Ottila et c’est le lecteur qui en est le spectateur.

J’ai découvert l’autrice avec ce roman et que dire… J’ai adoré son style et son héroïne. Le contexte est particulier et honnêtement ça passe ou ça casse. Personnellement, ce roman m’a vraiment divertie. J’ai adoré tous les aspects de l’histoire et le côté « no-limit » de notre héroïne. Il fallait oser écrire un tel roman, je crois que j’en garderais un sacré souvenir. Anneliese Mackintosh a choisi le cynisme et l’autodérision pour traiter des thèmes lourds de sens. J’ai aimé la construction de l’histoire et l’originalité surtout. J’ai pleurer de rire tout au long de ma lecture, et pourtant le fond de l’histoire est très sérieux. C’est cette dualité que j’ai préférée.

Je ne regrette pas une seule seconde de m’être intéressée à ce roman qui accroche directement avec ce titre de dingue. Je pense que ce genre de roman a un impact particulier sur les lecteurs, du moins sur ceux qui accrochent dès les premières pages. Cela remet en perspective notre propre vie, on a tendance à se plaindre un peu trop facilement à notre époque et il est parfois bon de se dire que tout le monde n’a pas la chance d’entrer dans la vie avec les mêmes cartes en main. Ottila a pris ses problèmes à bras le corps avec une motivation particulière ^^ Les rebondissements m’ont vraiment captivés car le récit ne perd jamais de sa vivacité. Le contenu insolite surprendra les lecteurs et j’espère que vous aurez envie de vivre cette aventure aux côtés d’Ottila.

En bref, un roman totalement dingue qui illustre parfaitement les difficultés que rencontrent les personnes souffrant d’addictions. Ottila est une héroïne hors du commun qui a décidé de reprendre sa vie en main pour devenir quelqu’un de meilleur, elle a su me faire rire et m’émouvoir au fil des pages et je ne suis pas prête de l’oublier ^^ Ce roman est fun, décomplexé et hilarant. L’autrice a eu l’audace de mettre en scène des personnages atypiques qui ont envie de prendre leur revanche sur la vie.


Cher Petit Livre de merde, 

D’abord, qui a bien pu te baptiser Petit Livre du Bonheur ?

Quelle idée ! Tu sais aussi bien que moi que s’il existait un mode d’emploi pour être heureux, ça se saurait. Dès que j’ai repéré ta tranche prétentieuse sur la bibliothèque, je t’ai détesté.

Petit Livre du Bonheur. Comme si tout ce qu’il y aurait à dire au sujet du « bonheur » pouvait se condenser dans un « petit livre ». Et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de te récupérer ce matin et de parcourir tes pages, saturées d’espaces blancs et d’aphorismes débiles. Tout comme je n’ai pas pu m’empêcher de te glisser dans mon sac à main, et de te dérober au travail. Pense donc à tous ces patients cancéreux qui ne connaîtront jamais les secrets menant au nirvana à cause de moi.

J’avoue que je ne regrette pas tant que ça de t’avoir subtilisé. Enfin, je suis un peu désolée d’avoir commencé à arracher tes pages. Mais bon, je ne fais pas cela sans raison : c’est un truc qu’on m’a appris à la Maison de Maggie, à l’époque où j’y allais en tant que patiente. Je vais composer un album de deuil. Sauf que personne n’est mort. Pas récemment, du moins. Cela dit, j’expérimente le deuil de l’alcool, ça justifie bien un album, non ?

Il me faudra plus qu’un bouquin merdique sur le bonheur pour me sortir du trou, alors je vais te monter en gamme. Je vais t’ajouter des jolies pages neuves et te faire raconter l’histoire de ma vie pendant quelque temps. Quand j’en aurai terminé avec toi, tu seras devenu le Putain d’énorme livre du bonheur qui va tout déchirer ! Et je n’aurai pas touché un verre d’alcool pendant toute une année. Tu vas voir ce que tu vas voir, mon petit gars. Tu vas voir ce que tu vas voir.

Ottila McGregor, qui s’apprête à faire sa révolution.

Je remercie Stéphanie et les éditions Milady pour cette lecture. 

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