Premières lignes #26

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Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage. J’aime beaucoup le principe de donner les premières lignes d’un roman pour se donner une idée du roman qu’on va lire. Rdv dont j’ai pris connaissance sur le blog La couleur des mots.

Aujourd’hui découvrez les premières lignes des romans suivants :

*[LA MEILLEURE FACON DE MARCHER EST CELLE DU FLAMANT ROSE] de Diane Ducret à paraître aux éditions FLAMMARION.

*[ALIN] de Axelle Colau à paraître aux éditions RISE.


La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir.
Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie…
On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.


Premières lignes

Il m’a toujours manqué quelqu’un, au plus profond de moi, jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus attendre personne.
Il a suffi d’un coup de fil, dans un taxi de Gdansk. Je viens d’arriver en Pologne pour donner une conférence sur les femmes, leurs droits, leurs espérances, leur histoire contrariée et leurs souffrances. Au téléphone, la voix d’un homme, le mien depuis quelques mois : « T’es une fille formidable. Je passe de très bons moments avec toi, on peut tout se dire, on parle beaucoup, on rit aussi. J’ai de la chance de te connaître… Mais je sais que t’attends plus. Je ne peux pas te donner tout ça… Tu comprends avec le divorce… » J’écoute chaque phrase en position de garde, comme dans un match de boxe ; les mots s’enchaînent en crochet, pleuvent en uppercut. Cela fait cinq ans qu’il a divorcé tout de même. Je ne suis pas allé le cueillir à la sortie du tribunal, tel l’oiseau de proie guettant la naissance des bébés tortues sur la plage. J’ai attendu que le bébé tortue gagne l’océan, réapprenne à nager, en prenant le risque qu’une autre fonce dessus en piqué et l’avale tout entier ! « Écoute, j’ai plus la force de recommencer tout ça. » On dirait qu’il revient de Verdun. Que chaque femme qu’il a connue est une tranchée obscure où il a vu crouler ses camarades. « Je veux me sentir libre, j’ai plus envie de me prendre la tête. Je ne veux plus d’engagement. » Cela tombe bien, je ne comptais pas l’engager. Cela fait à peine trois mois nous deux, nous sommes encore en période d’essai.


« Le collège, c’est l’enfer. Surtout depuis que Guillaume et sa bande m’ont pris pour cible. Moqueries, coups bas, brimades, ils s’acharnent sur moi et je subis, paralysé par la peur. Lili, ma meilleure amie, est également devenue leur souffre-douleur. Guillaume nous a éloignés l’un de l’autre et je n’arrive plus à atteindre celle que j’aime… Sauf lorsque je prends mon violon et qu’elle chante. Alors, je me sens pousser des ailes. Ces ailes que la réalité nous coupe, dès que nous mettons un pied au collège. Comment nous envoler à nouveau et retrouver notre liberté ? »


Premières lignes

7h00

Encore un lundi. Encore une journée de classe. Au cœur de la foule du collège, je suis seule. Je t’en veux de me laisser affronter tout ça sans toi. En même temps, je n’ai pas envie que tu saches. J’aimerais que personne ne sache, et surtout pas Marianne. Elle n’est pas dans notre classe. Elle me manque. Elle n’a aucune idée de ce qui se passe. Depuis février, je l’évite. Je me cache au CDI ou dans les toilettes pendant la récréation. Je mange quand même de temps en temps avec elle, pour donner le change. Parfois, j’ai envie de tout lui dire, mais j’ai tellement honte. Je ne veux pas la décevoir, elle qui est si forte. Si je me mets à lui parler, je ne pourrai pas m’empêcher de pleurer. Elle risquerait de se mettre en colère et d’essayer de se battre avec Guillaume. J’ai trop peur. Et s’ils s’en prenaient à elle ? Personne ne peut m’aider.

Je ne veux pas y aller… Si seulement je pouvais me cacher sous ma couette et ne plus jamais sortir de ma chambre

 

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