Dix-sept ans > Ava Dellaira

Dans les années 1990, pour Marilyn, c’est la liberté.

À 17 ans, enfant-actrice, elle sert de complément de salaire à sa mère, mais alors que les rôles et leurs revenus se raréfient, celle-ci s’éloigne de plus en plus. Bientôt, l’adolescente n’a d’autre choix que d’emménager chez un oncle imprévisible. Mais ce coup dur est vite adouci par la rencontre de James, le voisin d’en dessous, qui lui fera découvrir qu’ensemble ils peuvent donner à leur vie morne et ennuyeuse autant de couleurs qu’ils le désirent.

Aujourd’hui, pour Angie, c’est la vérité.

À 17 ans, cette jolie métisse n’a jamais connu son père. Et sa mère, Marilyn, a toujours prétendu qu’il était mort avant même sa naissance. Mais lorsque l’adolescente se découvre un oncle inconnu, elle se demande si sa mère ne lui a pas caché plus encore. Avec pour seul compagnon Sam, son ex-petit ami, Angie se lance alors dans un road trip improbable et dangereux, quittant son Nouveau-Mexique natal pour la ville de tous les espoirs : Los Angeles.

PARU LE 3 MAI 2018 AUX EDITIONS MICHEL LAFON JEUNESSE

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L’avis de Marlène – Note ❤❤❤

Vous voyez cette magnifique couverture ? Et bien le contenu est vraiment à son image, sublime, inspirant et touchant ! J’ai eu un beau coup de coeur pour ce roman et pour la plume d’Ava Dellaira.

Vous devez avoir constaté que je lis de plus en plus de romans young adult, j’avoue que ce genre me plaît beaucoup, surtout avec de tels romans. Ava Dellaira vous offre une histoire riche en émotions, deux destinées aux travers des pages de ce livres. Vous allez vivre l’histoire de Marilyn dans les années 90, et celle d’Angie, sa fille, dix-sept ans plus tard. Dix-sept ans, c’est le genre de récit qui passionne, qui émeut et qui captive. C’est aussi le genre d’histoire qui révolte et qui touche profondément le lecteur.

Vous allez vivre deux histoires en une, intimement liées puisqu’il s’agit de celle d’une mère et de sa fille. Le récit alterne donc les points de vue de Marilyne et d’Angie au même âge… dix-sept ans…

Marilyn, dix-sept ans, est une jeune fille qui subit l’obsession de sa mère pour sa réussite professionnelle dans une carrière d’actrice dont elle ne veut pas, mais voilà Marilyn apporte un peu de beurre dans les épinards avec les contrats qu’elle obtient pour tourner des publicités… Mais lorsque l’argent vient à manquer, – Marilyn et Sylvie, sa mère – doivent s’installer chez un oncle imprévisible. Mais voilà son voisin James va venir rendre cette épreuve plus facile. Les deux jeunes gens vont très vite s’attacher et Marilyn y voit là l’espoir d’une vie rêvée loin des caprices de sa mère… Sa relation avec James a un goût de liberté, les frissons d’un amour infini… Dix-sept ans plus tard, Angie a besoin de réponse. Elle n’a jamais connu son père et elle a besoin de partir sur les traces de celui-ci en découvrant l’existence du frère de celui-ci. Grâce à l’aide de Sam, son ex-petit ami, Angie s’embarque dans un road trip qui la mènera peut-être sur le chemin de la vérité. Un véritable voyage initiatique pour notre héroïne. Mais est-elle prête à découvrir la vérité ?

Ce roman est magnifique. J’ai tout aimé dans cette histoire à commencer par le fait que l’on suive deux histoires en même temps, deux histoires liées qui nous offrent un véritable voyage dans le temps. L’écriture d’Ava Dellaira va vous captiver, j’ai particulièrement aimé la singularité de sa narration. Différents points de vue, des bonds dans le temps et une réflexion particulièrement inspirante. Angie reste notre héroïne principale car tout au long de l’histoire on ne perd pas de vue qu’elle a besoin de connaître ses origines ce qui nous permet ainsi de découvrir d’où elle vient en suivant l’histoire de Marilyn et James. L’auteure a su faire preuve d’originalité avec ce roman, je dois dire qu’en ayant terminé le livre j’était bluffée et terriblement émue. Oui cette histoire a touché la corde sensible en moi, j’ai laissé échapper quelques larmes en arrivant au dénouement de l’histoire. J’ai tellement vibré avec nos personnages que je sais que ce récit restera gravé en moi.

L’intrigue alterne passé et présent, ce que Marilyn a vécu et ce qu’Angie vit au présent. Nos deux héroïnes ont dix-sept ans, on peut aisément les comparer, découvrir la nature de leur personnalité et leurs aspirations dans la vie. On comprend très vite qu’Angie a besoin de réponse, elle n’arrive plus à avancer sans savoir d’où elle vient. Les personnages de ce roman sont tous très intéressants, l’auteure ne perd jamais le lecteur car les deux histoires sont complémentaires, j’ai trouvé cela fascinant de vivre aux côtés de tous les protagonistes. Je peux vous dire que mes émotions ont été mises à rudes épreuves. Cette lecture a eu un petit côté nostalgique car l’histoire de Marilyn est déchirante, elle se déroule dans les années 90 alors forcément toutes les références musicales m’ont énormément parlé et j’ai adoré cette partie du récit. Marilyn était une jeune femme passionnée par la photo, qui n’avait qu’une envie, partir loin pour faire des études, elle avait des rêves plein la tête et elle comptait bien les réaliser avec James. Angie quant à elle est plutôt indécise, elle a cette obsession de vérité, elle est attachante et j’ai ressenti énormément de compassion envers elle. L’auteure a su la rendre sympathique et j’ai adoré le road-trip qu’elle va faire avec Sam. Sa quête va lui révéler qui elle est. Les questionnements que ce roman met en lumière sont très bien abordés. Dix-sept ans, c’est l’âge de tous les possibles, on se sent souvent pousses des ailes à cet âge-là, j’ai trouvé que nos personnages étaient tous saisissants, ils sont le reflet de ce que le passage de l’adolescence à l’âge adulte nous apporte. C’est l’âge de la construction de soi, ce moment où on ne sait pas vraiment encore qui on est. L’auteure nous expose tout cela avec beaucoup de douceur, de finesse, avec un peu d’aigreur aussi par moment. L’espoir est très présent aussi. J’ai vraiment été très touchée par cette lecture. J’ai d’ailleurs un peu de mal à en parler, j’ai l’impression de ne pas réussir à rendre hommage aux histoire de Marilyn et Angie.

Ce roman, c’est deux romances pour le prix d’une. N’est-ce pas merveilleux ? Les émotions que l’auteure nous transmet sont vives, intenses, étourdissantes. Je me suis sentie vibrer au fil des pages. J’ai ressenti la sensation de liberté de Marilyn, le tumulte des sentiments amoureux. J’ai adoré la destiné de nos personnages, malgré l’aspect dramatique de l’histoire. J’ai trouvé que les thèmes abordés étaient très actuels, la fiction se mêle à une réalité qui fait mal, qui nous montre qu’il y a encore beaucoup trop d’inégalité dans le monde.

La plume de l’auteure m’a totalement charmée. J’ai trouvé qu’elle avait un style bien à elle, la narration est passionnante. Les chapitres oscillent entre le passé et le présent, nous permettant de saisir la moindre nuances de ce que nos personnages ont vécu ou vivent au présent. L’ensemble est hyper addictif, lorsque j’arrivais à la fin de chaque chapitre et que cela changeait de point de vue, j’avais hâte de poursuivre.

En bref, ce roman est une merveille. Ava Dellaira nous offre un récit très riche et intense en émotions. J’ai particulièrement aimé le fait que l’on suive l’histoire d’Angie et de Marilyn. L’originalité est de mise avec ce sublime récit. Ava Dellaira m’a vraiment émue du début à la fin, j’ai adoré tous les aspects de ce livre ainsi que les thèmes abordés. C’est un roman inspirant, divertissant et qui donne matière à réflexion. J’en suis encore toute retournée, c’est un coup de cœur pour moi. Alors, n’hésitez pas à une seconde !


Extrait 

Le nombre de vivants va bientôt rattraper celui des morts. A l’époque d’Arthur C. Clarke, en 1968 plus précisément, ils étaient trente fois plus nombreux que nous. Aujourd’hui, les vivants se sont multipliés avec une telle rapidité que les fantômes ne sont plus que quinze fois plus nombreux que nous. Angie connaît les chiffres : il y a plus de sept milliards d’individus sur Terre, et cent sept milliards de disparus.

Le père d’Angie fait partie de cette dernière catégorie. Du moins le croyait-elle. Elle l’a souvent imaginé auprès d’elle, tel le chef de sa petite tribu fantôme, forte de ses quinze membres. Elle se le représentait comme il était sur la photo avec sa mère. On aurait dit qu’il avait le même âge qu’elle aujourd’hui : dix-sept ans. Musclé et élancé, avec un large sourire éclatant et la peau noire. Il porte une casquette de base-ball à l’envers, comme un blaireau des années 1990, se dit-elle. Sur la photo, lui et sa mère, Marilyn, sont au bord de l’océan. Sa mère a enfilé une salopette par-dessus son bikini. Des créoles étincelantes pendent à ses oreilles, et une longue chevelure dorée encadre son visage pâle. Appuyé contre lui comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, elle rit au éclats, la tête légèrement en arrière. Il la tient par les épaules. Derrière eux, l’entendue bleue de la mer semble se prolonger jusqu’au ciel.

Angie avait découvert ce cliché un an auparavant. Elle se préparait pour le dîner d’anniversaire que donnait Sam Stone pour ses seize ans, fouillant dans les tiroirs de sa mère, partie au travail, à la recherche d’un rouge à lèvres. Pour une raison ou pour une autre, Angie poursuivit son exploration. Elle se retrouva à tout retourner sans vraiment savoir pourquoi. Puis, au fond du tiroir à sous-vêtements, elle tomba sur un boîte en bois. Elle contenait une vieille enveloppe en papier kraft pleine à craquer. Et juste en dessous, la photo.

Angie contemplait le jeune homme noir souriant qui lui rendait son regard, et même si c’était la première fois qu’elle le voyait, elle sut aussitôt que c’était son père. Durant une fraction de seconde, elle se demanda avec qui il était. En y regardant de plus près, elle comprit que, évidemment, cette jeune fille était sa mère. Elle semblait vraiment insouciante. Jeune. L’avenir devant elle. Heureuse.

Soudain, Angie sentit son cœur se serrer. Elle aurait été prête à tout pour extraire ce garçon de la photo. Faire de lui un homme. Son père. L’obliger à redonner ce sourire-là à sa mère.

Au contraire, elle tenta de s’introduire dans le cliché. D’imaginer ce à quoi cela aurait ressemblé de se trouver là avec ses parents. De deviner la chaleur du soleil sur sa peau et le parfum de l’océan. Quand bien même elle n’était jamais allé à la mer, elle croyait entendre, malgré leurs éclats de rire, le bruit des vagues dans le lointain.

Je remercie Camille et les éditions Michel Lafon pour cette lecture. 

A propos de MarleneEloradana

Marlène, trentenaire du sud de la France, véritable bookaddict, je ne suis jamais rassasiée quand il s'agit de lecture, dévoreuse de romances en tout genre mais surtout celles qui font vibrer et s'émouvoir au fil des pages.

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