La rage d’aimer > Emery Lord

Depuis la mort de son père, Jonah est devenu le chef de famille. A seulement 17 ans, il règne sur une tribu de cinq frères et soeurs et sur le restaurant familial dont il a la responsabilité. Une situation très lourde à porter pour le jeune homme qui doit jongler entre ses obligations et ses études. Tout s’éclaire quand Vivi, une jeune fille de son âge, arrive au lycée. C’est une véritable tornade qui débarque dans la vie de Jonah : elle est pleine d’énergie et de joie de vivre.

Dans ses bras, le jeune homme oublie ses soucis. Mais derrière son enthousiasme, Vivi cache un secret : elle est bipolaire et refuse de prendre des médicaments pour réguler son humeur. La jeune fille veut vivre intensément, se libérer de toute dépendance. Au risque de mettre sa vie et sa relation avec Jonah en danger… Les sentiments peuvent-ils guérir toutes les blessures ?

PARU LE 14 MARS 2018 AUX EDITIONS DREAMLAND

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L’avis de Marlène – Note 4,5/5

Les éditions Dreamland nous propose une fois de plus une romance hors du commun avec des personnages que l’on aime un peu plus au fil des pages. Le résumé m’avait conquise, j’aime particulièrement lorsque les auteurs abordent des thématiques difficiles à traiter. Ici, que ce soit en ce qui concerne Jonah ou Vivi, et bien les émotions sont au rendez-vous.

Au travers du synopsis, on apprend que le roman va aborder la bipolarité. Vivi, notre héroïne en est atteinte. J’ai quelques connaissances sur cette maladie encore très mal perçue. Mon père en était atteint, aussi j’ai le regard extérieur sur cette maladie, je ne peux pas affirmer savoir ce que c’est que de vivre avec cette maladie mais je l’ai côtoyée toute mon enfance avec mon père. J’a tout de suite ressenti beaucoup de compassion pour Vivi qui est une héroïne exceptionnelle. Vivi est vivante et elle vit sa vie à son rythme avec son propre regard. Difficile parfois de comprendre ce qu’elle vit, mais au travers de ce récit, Emery Lord a réussi à nous faire vivre un bout de chemin avec cette héroïne hors du commun. Vivi doit prendre en compte son état et pourtant elle décide de ne pas prendre de médicaments, ce qui va engendrer des troubles difficiles à gérer. Dans ce roman, la narration à deux voix nous permet de comprendre les points de vue de nos deux héros. Les chapitres du point de vue de Vivi sont super intenses et troublants. Elle lutte contre elle-même, elle pense pouvoir prendre le dessus sur la maladie. Mais peut-elle réellement venir à bout de ses pulsions ? De son côté, Jonah est à la tête d’une grande fratrie et il doit gérer le restaurant familial. Sa situation est loin d’être aisée et sa rencontre avec Vivi va vraiment alléger son quotidien. Jonah est un jeune homme attachant, tout comme l’est Vivi. Ces deux ados m’ont touché tout au long du livre.

Emery Lord a vraiment orienté son récit de façon à ce que le lecteur prenne la pleine mesure de la vie de nos héros. On se positionne facilement face aux difficultés qu’ils rencontrent tous les deux. Elle nous dresse le portrait de deux personnages forts. Jonah devient le chef de famille. Il n’a que dix-sept ans et il doit prendre des décisions importantes. Il doit cacher ses sentiments et paraître fort pour soutenir sa famille. Mais Jonah peut-il continuer comme ça très longtemps ? Peut-il mettre sa vie entre parenthèse ? Jonah est admirable, je me suis sentie proche de lui dans ses réactions. Avec la maladie de mon père, lorsque ma mère baissait les bras, j’étais celle qui portait la famille à bout de bras. En lisant ce roman, je me suis beaucoup identifié à Jonah, même si ce que j’ai vécu était différent, j’ai compris qu’il soit si volontaire et qu’il se sacrifie pour l’équilibre de sa famille. Ce n’est pas toujours facile surtout à dix-sept ans. Jonah est une belle personne, pas parfait car personne ne l’est. En tout cas, j’ai trouvé son personnage vraiment bien travaillé et son évolution m’a plu. Vivi est une héroïne explosive. Elle est un vrai rayon de soleil, elle illumine tout et tout le monde mais peu de gens peuvent la saisir. Cette héroïne ne vous laissera pas indifférent car elle n’est pas commune. Elle est difficile à apprivoiser car elle pense savoir mieux que quiconque ce qu’elle doit faire. Choisir de ne pas prendre ses médicaments, c’est un peu comme choisir de ne pas être considérée comme « malade ». Vivi veut tenir sa vie entre ses mains, elle veut être maîtresse d’elle-même, elle pense même en être capable, hélas lutter contre les phases de la bipolarité n’est pas chose aisée. Vivi c’est un peu comme une bombe de confettis, une explosion de couleur, avec Vivi tout va vite et la vie défile. J’ai trouvé cette héroïne touchante, en prenant en compte que la gestion de ses émotions est difficile, on arrive complètement à s’attacher à elle. Il faut parfois savoir regarder au-delà des apparences et ce roman nous le prouve à chaque seconde.

J’ai particulièrement été touchée par l’ensemble de cette histoire. Emery Lord a choisi des thèmes difficiles, presque impossible à traiter avec justesse et pourtant j’ai trouvé ce roman très juste et cohérent. La romance s’insère dans le quotidien de nos héros. Il vient embellir leur vie sans jamais perdre de vue les difficultés de la vie de nos héros. Jonah et Vivi vont se faire du bien mais tout ne sera pas tout rose. Car la vie met des obstacles sur notre route et on mûrit avec tout ce que l’on affronte. Ce roman s’adresse à tous les lecteurs, la plume de l’auteure est très imagée et j’ai aimé la sensibilité qui se dégage de ce livre. Ce roman sensibilisera les lecteurs à la bipolarité, j’ai envie de penser que les jeunes lecteurs seront curieux d’en savoir plus, mais dans un souci de compréhension. J’ai trop souvent entendu les gens dire n’importe quoi sur cette maladie au fil des ans que j’ai envie que les mentalités évoluent et ce genre d’écrit tend à proposer aux lecteurs une véritable réflexion.

J’ai trouvé le titre vraiment excellent. Il colle parfaitement à l’ambiance de cette histoire. J’ai trouvé que ce livre était vraiment percutant.

En bref, [LA RAGE D’AIMER] fut un moment de lecture très intense. Emery Lord aborde des thèmes particulièrement sensibles avec beaucoup de tact et de sensibilité. Je me suis énormément attachée à nos deux héros, Jonah et Vivi se sont frayés un chemin dans mon cœur à travers leur histoire hors du commun. La bipolarité est abordé avec beaucoup de finesse. Emery Lord a su mettre ce thème en lumière grâce à son héroïne insaisissable. Je vous invite à découvrir ce roman qui me semble adapté à tout type de lecteurs.


Extrait

J’effectue ma halte habituelle au bord de la falaise. Aujourd’hui, je me tiens tout au bord, si près qu’un pas de plus en avant serait le dernier mouvement vers le plongeon. Je pose une pilule sur la pulpe de mon pouce pour l’envoyer valdinguer avec mon majeur. Merci pour tout, petite pilule mais on n’a plus besoin de toi ! Sur ces belles paroles, je me précipite vers la ville, sautillant à travers la mousse et les herbes en poussant le cri de la victoire : « AYE-YI-YI ! » L’eau de l’océan répercute mes cris, je le sais, parce que même le Pacifique sait que je suis une créature sauvage, l’enfant spirituel d’un monde immense et ivre d’étoiles. HOURRA !

Ces pilules sont appelées « lithium », et j’aime la façon dont ce mot roule dans ma bouche : doux, sans prétention et même réconfortant. Lith-i-um. Quand le docteur m’en a prescrit pour la première fois, je me suis demandé comment les entreprises pharmaceutiques s’y étaient prises pour le baptiser : peut-être existe-t-il un comité qui essaie de se mettre d’accord sur des noms jolis et apaisants ? Comment avaient-ils choisi ce « lith » qu’on retrouve dans Lithuanie, lithographie, monolithe ? Cela signifie « pierre » en grec, j’ai vérifié. Et le lithium a en effet été la pierre pesante qui m’a ancrée au sol quand une tornade sauvage et destructrice a voulu m’emporter. Mais « lithium » n’est pas le ,nom de la marque, c’est un élément chimique donc l’abréviation est « Li » dans le tableau périodique, alors qu’à mon avis, cela devrait plutôt être « Ligne », parce qu’il a recueilli mes hauts et mes bas pour en faire une jolie ligne, toute plate.

Mais je vais mieux, maintenant. Mieux que jamais ! En plus, je continue à prendre mon autre cachet, parce que celui-là tient les créatures de l’ombre à distance. L’année dernière, elles avaient enroulé leurs bras d’encre autour de moi jusqu’à ce que mon univers en Technicolor se couvre de parasites gris qui grésillaient de partout. Au point que je ne ressentais plus rien que le néant.

Je remercie les éditions Dreamland pour cette lecture. 

A propos de MarleneEloradana

Marlène, trentenaire du sud de la France, véritable bookaddict, je ne suis jamais rassasiée quand il s'agit de lecture, dévoreuse de romances en tout genre mais surtout celles qui font vibrer et s'émouvoir au fil des pages.

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