Premières lignes #20

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Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage. J’aime beaucoup le principe de donner les premières lignes d’un roman pour se donner une idée du roman qu’on va lire. Rdv dont j’ai pris connaissance sur le blog La couleur des mots.

Aujourd’hui découvrez les premières lignes des romans suivants :

 *[Nuits blanches #1 – Malgré nous] de LILAH PACE paru aux éditions J’AI LU POUR ELLE

*[Le voile] de GUILLAUME LECASBLE paru aux éditions TOHU BOHU


Vivienne tombe en panne sur une route déserte et se retrouve seule au beau milieu de la nuit. Une voiture s’arrête. Un inconnu descend. Aussitôt le fantasme le plus brûlant de Vivienne se déclenche, le fantasme qui la fait le plus vibrer mais dont elle a terriblement honte et qui l’obsède tant qu’elle dévoile enfin à sa psy les questions qui l’agitent : peut-elle se laisser aller à vivre ses sombres scénarios secrets ? Doit-elle au contraire lutter contre ses pulsions ?… Quelques jours plus tard, elle revoit l’inconnu. Plus troublée que jamais, elle accepte de nouer une liaison avec lui…

AVERTISSEMENT – Ce livre contient des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs, ce roman se classe dans le genre de la dark romance. Vous trouverez d’ailleurs un avertissement plus explicite au début du livre mais qui contient quelques spoilers quant au thème abordé dans l’histoire.


*PREMIÈRES LIGNES*

PROLOGUE

Mes fantasmes commencent toujours… normalement. Au sens accepté du terme.

Une scène sexy dans un film ou une émission : un homme et une femme enlacés, leurs lèvres se touchant presque. La voix de Dinah Washington s’élevant lentement, puissante et sensuelle. Hugh Jackman torse nu sur la couverture d’un magazine. Des classiques, je crois…

Alors, lorsque je suis dans le lit de mon petit ami (quand j’en ai un), seule entre mes draps ou sous la douche (quand je suis célibataire), je ferme les yeux. J’essaie de faire abstraction de tout à l’exception de la pulsation entre mes cuisses, de la pression et du rythme accéléré de mon pouls. Les images dans mon esprit se mêlent, sans raison ni émotion, tel un kaléidoscope pornographiques de langues et de lèvres, de sexes moites et de verges dures, dans la chaleur d’un peau à peau. Généralement, je me mets à gémir – je ne suis pas du genre silencieux. Jusque-là, rien de choquant.

Mais si cru et érotique, le kaléidoscope devient-il, si talentueux l’homme est-il avec sa langue, si forte la pression de ma main se fait-elle, je n’arrive jamais, jamais à jouir.

Un seul fantasme parvient à me faire décoller.

Je m’efforce de ne pas y penser. Je me répète que c’est sale, que c’est mal. Souvent, quand je suis au lit avec un homme, je n’atteins pas l’orgasme. Je suis tellement douée pour simuler que ça devient gênant.

Si je suis en solitaire ou avec un partenaire, et que j’ai envie de jouir au point que c’en est insupportable, je dois m’aventurer sur ce terrain…


Un Voile va finir par obscurcir et éteindre le ciel, un voile créé par des milliers de voix enregistrées. Pendant des années d’écoute, d’espionnage, de vol, de stockage, d’enfermement des voix humaines, leurs âmes se sont accumulées au-dessus de la terre.

WW est auteur, il cherche deux personnages pour son nouveau roman, dont ce monde bientôt silencieux sera le théâtre. Joshua Lecoeur et Chafia D’Amour répondent à l’appel, c’est leur histoire d’amour que nous raconte WW, sous la plume de Guillaume Lecasble.

Joshua@beme.com

Destinataire : ww@ww.ca

— Bonjour WW, mon nom est Joshua Lecoeur. Être un personnage dans un roman m’intéresse.

J’ai 31 ans. Je suis français. Je vis à Montréal depuis dix ans pour pouvoir rendre visite à mon père qui est interné dans un centre de psychiatrie à Niagara Falls.

ww@ww.ca

Destinataire : Joshua@beme.com

— Merci de votre réponse. Vous n’êtes donc pas effrayé par la perspective de mourir à la fin du livre ?

Joshua@beme.com

Destinataire : ww@ww.ca

— Si c’est ma dernière chance de connaître l’amour, non.


*PREMIÈRES LIGNES*

J’ai pris la décision d’être aidé. Être aidé pour comprendre pourquoi j’aime à ce point l’amour et suis incapable d’aimer. Nous sommes face à face. L’assise de son fauteuil plus basse que ses genoux oblige mademoiselle Labrume à croiser ses jambes. Les positionner en diagonale. Le fait qu’elle soit bottée dans ce décor de meubles bas, de douceur, de lumière tendre, de moquette moelleuse, éveille ma curiosité. Les bottes sont cavalières . Glacées/ fauves . La robe est noire. Futuriste. Un large zip métallique argenté débute au bas de la robe et finit en généreux décolleté. Elle n’a pas de chemisier et la coupe ajustée de la robe suffit à soutenir ses seins. Sa gorge est offerte dans la mesure de ce qui peut être montré : provoquer sans satisfaire. D’un bref coup d’œil, mademoiselle Labrume vérifie sa gorge. Remonte le zip de quelques dents. La fermeture Éclair en travers de sa robe devient une cicatrice amovible. La fermeture Éclair n’est pas là pour réunir les deux pans de la robe et voiler le corps désirable, elle est là pour réunir son corps séparé. Quel sabre a fendu le cœur de mademoiselle Labrume ? Quel éclair a déchiré le ciel de son âme ? Je n’ai qu’une envie : ouvrir cette longue fermeture Éclair et plonger vers la chaleur de sa peau. Il y a un risque. Que son corps se divise en deux. Qu’il se sépare et ne m’offre que le vide de l’espace entre ces deux moitiés.

 

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