C.S Quill – L’interview

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Suite à ma lecture du premier tome de la saga [PRUDE A FRANGE], j’ai eu l’opportunité d’interviewer C.S Quill. Découvrez-en un peu plus sur cette nouvelle série et sur sa vie d’auteure. 


En terminant le premier round de la saga Prude à frange, je jubilais à l’idée de poser mes questions à Cami Quill. C’est une sacrée opportunité que de pouvoir en apprendre plus sur l’envers du décor de cette saga hors du commun, alors c’est parti !

  • Dans Prude à frange, tu entraînes tes lecteurs sur les chemins de la prostitution de luxe. Comment as-tu planté le décor de cette série ? Comment as-tu choisi cet univers ?

Pour cette nouvelle histoire, j’avais très envie de faire évoluer mes personnages dans un contexte tendu et sensuel. Je ne sais pas à quel moment j’ai dérivé sur un endroit comme Le Round, je n’avais pas le projet d’écrire sur ce genre de milieu. C’est un peu mon problème principal d’ailleurs, je ne me souviens jamais du déclencheur de l’idée. Je n’ai pas de raison particulière. Je n’ai même pas le sentiment de faire un choix, je suis victime de mes neurones noués, à la merci de personnages qui s’impose en moi. D’où sort ce Round, peut-être d’une porte qui grince, d’une musique, d’une phrase entendue quelque part. J’ai des absences créatives, voilà c’est dit.

  • Est-ce que cela a été facile de plonger dans cet univers atypique ?

Eh bien, tout dépendait le point de vue que j’utilisais pour plonger dans cet univers. Quand j’étais dans la peau de Cadence, c’était parfois difficile. Je suis toujours au plus proche de mes personnages, je fais en sorte de ressentir leurs émotions au fur et à mesure que l’histoire se déroule. Alors évidemment, poser les contours du Round à travers les yeux de Cad, ce n’était pas toujours facile, je suis aussi novice qu’elle niveau prostitution. D’ailleurs, je n’ai fait aucune recherche sur le sujet, déjà parce que j’avais peur de tomber sur des trucs bizarres et surtout parce que je voulais garder une approche de découverte. J’étais stressée parfois, j’écrivais en cachant mes yeux derrière mes mains (ouais c’est possible, j’te jure).

Quand j’étais dans la tête de Mas, j’essayais de contrebalancer la vision de cet univers. Même s’il m’a forcée à donner plus de détails sur Le Round, sur son rôle de tuteur, son assurance et son expérience m’ont permis de rendre l’endroit presque commun, inoffensif, au même titre que mon supermarché de quartier.

Cette double dimension m’a permis à la fois de donner une image nette du Round, authentique si je puis dire, tout en diluant cette sombre réalité avec l’humour et la naïveté de Cadence. Au final, c’était presque réconfortant d’avoir ces deux personnages différents. Quand je trouvais Le Round trop angoissant, Cadence venait à ma rescousse.

  • Savais-tu dès le départ où tu allais mener tes personnages ?

Quand une idée se faufile dans ma tête, je ne sais jamais ce qui va se passer entre le premier et le dernier chapitre. En général, j’écris facilement les 7 premiers chapitres et c’est seulement à ce moment-là que je commence à réfléchir à l’orientation que je souhaite donner aux personnages. Mais très (très) souvent, mes héros l’emportent sur mes prédictions et créent un virage dans l’histoire. Donc hormis certaines scènes très nettes dans mon esprit, les personnages sont plutôt libres. Après tout, ce sont eux qui me soufflent leur histoire. Tout ce que je leur demande, c’est de grandir au fil des pages.

  • En découvrant le premier tome, je dois dire que j’ai trouvé que le titre était totalement raccord et qu’il collait bien à la personnalité de Cadence. C’est un titre accrocheur et j’avoue qu’il a su éveiller ma curiosité. A-t-il été une évidence pour toi ?

Je voulais un titre qui soit en parfaite harmonie avec Cadence et j’avoue avoir un faible pour les jeux de mots. Pour moi, le contexte du Round étant plutôt un filigrane, je ne voulais pas d’un titre à son image. Je voulais une accroche drôle, derrière laquelle il y a malgré tout quelque chose de dérangeant. Je me doutais qu’il soulèverait des réactions, mais je ne vois pas meilleur titre que celui-ci. Il faut lire le bouquin pour s’en rendre compte.

  • Cadence est une héroïne qui détonne dans l’univers sombre du round, comment as-tu façonné sa personnalité ? Est-elle un peu le reflet de toi-même ?

Je sais très vite quel type de personnage va venir agrémenter mon histoire. Pour construire une personnalité, il faut principalement viser le vrai, l’entier, l’humain. Ce qui est bien quand on donne vie à un personnage, c’est qu’on peut jouer avec tous les traits de caractères. Amplifier ceux qui nous font défaut, gommer un peu les autres…

Mais même si parfois j’aimerais que mes héros agissent comme ceci ou comme cela, je suis incapable de maîtriser pleinement leur personnalité. Ça paraît un peu bizarre, après tout c’est moi qui les crée et pourtant, ils ont une véritable existence en moi. Du coup, parfois j’ai l’impression que je n’ai qu’à les regarder pour connaître leur tempérament, leurs réactions, avant de le retranscrire.

J’ai toujours du mal à dire à quel point les personnages détiennent une part de moi en eux. Dans le cas de Cadence, je ne me considère pas comme quelqu’un de naïf et maladroit, mais j’aime bien envoyer des petites piques ou des boutades, même dans des moments incongrus. J’aime bien taquiner, je râle aussi… Je crois que c’est surtout mon style qui me reflète, plus que mes personnages. Un peu borderline, directe et sans détour.

  • J’ai été agréablement surprise de découvrir que ton récit était bourré d’humour, était-ce important de contrebalancer l’ambiance sombre et malsaine avec des joutes verbales très drôles et de l’autodérision ?

Absolument ! J’étais prête à m’enfoncer un peu dans un contexte opaque, à frôler la dark diront certaines, mais au final j’aime les romances drôles et légères. Le Round s’est très vite imposé comme décor et Cadence aussi, parce que je voulais précisément pouvoir casser les sentiments de malaise. Il fallait un endroit comme celui-ci pour donner du relief à la relation entre les héros, mais je ne voulais jamais que cela prenne le pas sur la romance. Et l’humour est parfait pour ça.

  • Comment cela s’est passé ton expérience d’écriture avec Prude à frange ? Était-ce un challenge d’explorer l’univers du round ?

L’écriture est toujours un challenge, parce qu’on se découvre, on prend des risques, on repousse les limites. Bien entendu avec un livre comme Prude à Frange, le défi était de taille. J’ai douté au départ, je me suis demandé si je devais aller au bout de mon idée ou rendre le tout plus sage… Est-ce que je me fais confiance, est-ce que je reste moi-même ? Des questions qui reviennent très souvent dans le processus d’écriture. C’est pour ça que je suis retournée sur Fyctia poster cette histoire. Je savais que je pouvais compter sur la communauté pour m’aiguiller, m’encourager. Au final, nous avons exploré le Round ensemble, jaugeant et partageant nos réactions. Le Round n’est pas si terrible quand vous avez quelqu’un pour vous tenir la main.

  • Tu prends toujours des risques avec les univers que tu explores, est-ce une motivation pour toi de sortir des sentiers battus ?

Je ne crois pas pouvoir parler de motivation. En fait parfois, j’aimerais écrire des histoires toutes simples, parce que j’adore les lire. Mais je n’y arrive pas. Il y a toujours ce moment fugace, cette petite étincelle qui crame tout sur son passage. Cette main qui me pousse dans les escaliers, qui bourre mon crâne d’idées. Ce n’est pas une motivation, je suis juste comme ça, c’est plus fort que moi.

  • Qu’espère-tu que les lecteurs vont ressentir avec Prude à frange ?

En démarrant cette histoire, je voulais travailler sur une relation entre deux héros qui n’ont rien à faire ensemble, qui ne peuvent pas se rapprocher de trop et qui doivent lutter contre leur attirance. Cette attraction collante, qui grésille au fond de l’oreille, qui fait battre le cœur et rend la bouche sèche. J’espère que les lecteurs sauront ressentir cette tension entre Mas et Cadence et qu’ils comprendront aussi les raisons de chacun.

  • Comment vis-tu la sortie de cette duologie ?

Pour tout avouer, dès lors que l’écriture d’un livre est terminée, je suis pressée de passer au suivant qui s’impatiente dans mon crâne. J’aime écrire, créer, construire… du coup, je n’ai pas le temps de stresser ou de me poser mille questions sur les sorties et ce n’est pas plus mal d’ailleurs ! Je garde ma passion pour les mots intacte. La sortie de Prude à Frange me rend heureuse bien sûr, j’ai hâte de connaître les avis des lecteurs, c’est un super moment de partage, je le vis comme une douce continuité de mon plaisir d’écrire.


Maintenant on va parler un peu de toi, de ta vie d’auteure, de tes projets…

  • Qui es-tu Cami ?

J’aurai 30 ans cette année, même si on m’en donne facile 5 de moins (héhé). J’ai trois enfants avec mon presque mari, même si j’ai l’impression parfois d’en avoir 5 de plus (je parle des enfants hein, pas du mari !). Je travail dans le social, j’aime les cheeseburgers et le coca zéro.

  • Peux-tu nous parler de ta philosophie de vie ?

Je ne m’accroche pas à une philosophie en particulier, juste à la vie. Avec ses aléas, ses surprises et ses joies. J’essaie de beaucoup relativiser, de ne jamais me stresser pour des futilités, de profiter. Pas besoin de rappeler combien la vie est courte, combien elle peut en clin d’œil tourner au cauchemar. Alors je cultive mon petit bonheur. Attention, ça ne fait pas de moi quelqu’un de calme, ne vous méprenez pas ! J’ai mon petit caractère 

  • Dans chacun de tes romans, on sent que tu donnes énormément de toi, que tu aimes voir au-delà des apparences. Est-ce primordial pour toi ?

Oui, c’est primordial, vital. Aussi bien dans la vraie vie que dans mes histoires, j’aime voir plus loin que les façades (peut-être mon côté social). Je ne supporte pas de rester en surface, il y a tellement de choses à l’intérieur, il faut savoir observer, écouter. Tout n’est pas blanc, tout n’est pas simple, je suis curieuse de chacun. Alors oui, mes personnages je les veux entiers, forts et faibles, drôles et agaçants. Je les veux imparfaits, plein de doutes et amoureux. Humains.

  • Tu écris depuis combien de temps ?

Quand j’étais à l’école primaire, j’écrivais de petites poésies, des histoires illustrées que ma mère me reliait. J’ai eu une phase fantastique entre le collège et le lycée, j’ai des cahiers remplis d’histoires et de poussière.

Et puis un beau jour de Février 2016 j’ai découvert Fyctia, leur concours New Romance et j’ai voulu tester. Je m’étais mise à la lecture de ce style depuis peu, j’étais encore toute gênée de lire ce genre de roman. J’ai trouvé ça drôle d’essayer d’en écrire, au départ ce n’était qu’un petit défi personnel, je ne savais même pas combien cette littérature était en train d’exploser (eh oui, je n’ai jamais lu 50 nuances de Grey donc…).

Donc on peut dire que j’écris depuis que je sais tenir un stylo, mais la New Romance n’est venue que depuis 2 ans, avec mon premier livre Burning Dance.

  • Ta vie de lectrice a-t-elle changé depuis que tu écris toi-même des histoires ?

Je lis encore plus ! J’étais très absente des réseaux sociaux avant de devenir auteure, donc j’étais à l’abri de la tentation (signe de croix). Attention, je lisais déjà beaucoup, mais maintenant que j’échange avec d’autres auteurs et des lectrices qui partagent ma passion, je lis tellement plus… C’est affolant.

Ma lecture n’est pas différente. Je ne compare jamais, je ne juge pas, j’ai une facilité déconcertante à plonger dans un livre. Je suis avant tout une lectrice, il est là le point de départ. Le fait d’écrire est un peu comme le bonus d’un DVD.

  • Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Absolument tout. La musique, la nature, des photos, des documentaires, un petit pois au fond d’une casserole sale… Mon cerveau est toujours en action, à décortiquer, observer et analyser ce qui l’entoure. J’ai un côté empathique qui m’aide beaucoup pour mes personnages, ce sont mes sensations et mes émotions qui les façonnent.

  • Peux-tu nous parler un peu de tes projets ?

J’ai une liste d’environ 15 histoires que j’aimerais écrire, que j’essaie de classer par ordre d’envie, mais ce classement change tous les jours ! Donc j’ai de quoi m’occuper encore un paquet d’années !

En ce moment, je travaille sur un projet très spécial, une New Romance beaucoup plus douce, difficile à écrire tant je puise loin en moi. J’ai écrit près de la moitié, j’en reparlerai dès que j’aurai terminé. Ce sera sans aucun doute une nouvelle facette de mon écriture.

Je te remercie énormément d’avoir accepté de répondre à mes questions, c’est vraiment un plaisir pour moi de vivre cette expérience en plus de la lecture de tes histoires qui arrivent à me toucher de bien des façons.

Merci à toi pour cette passion que tu partages avec nous !


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