La révélation de Claire #4 – Rester > Valéry K. Baran

 

Claire est enfin sûre d’une chose : Mathieu est bien plus qu’un dominant à ses yeux. Et, depuis qu’il lui a avoué ses sentiments, elle se prend à rêver d’un avenir à deux. Seulement, rien ne sera possible entre eux tant que Mathieu ne sera pas retourné au club une dernière fois, pour une ultime séance. Celle qui l’affranchira définitivement de son passé et le libérera de toute appartenance à ce monde. Mais parviendra-t-il à surmonter cette épreuve ?

Paru le 24 janvier 2018 aux éditions HARLEQUIN.


L’avis de Marlène – Note ❤❤❤

Nous y voici… Le dénouement final tant attendu… La révélation de Claire enfin complète. 

Valéry K. Baran clôture cette série avec brio. Claire a enfin fait la lumière sur ses sentiments envers Mathieu. Mais pour qu’ils puissent envisager un avenir commun, Mathieu doit s’affranchir du passé et pour cela il va devoir retourner au club pour une dernière séance, celle qui le libérera de toute appartenance au monde bdsm. Mais cette dernière séance est particulière, et Mathieu souhaite que Claire soit à ses côtés pour affronter Catherine.

Je m’étais préparée psychologiquement à vivre ce grand final avec nos héros. Je dois dire que cela me fait un petit pincement au cœur de me dire que c’est la fin. Cette série est vraiment excellente, je vous la conseille d’ailleurs si vous souhaitez découvrir un peu ce genre de romance. Ce final, je l’attendais depuis le début, j’ai eu des sueurs froides, j’avoue que le personnage de Catherine m’a toujours intimidée… C’est une dominatrice qui en impose et j’avais vraiment peur de ses intentions envers Mathieu et Claire. Je n’avais pas d’avis arrêté sur elle, car j’attendais le moindre faux pas de sa part… et il n’est jamais venu ^^ Catherine est une femme particulière, elle a un lien avec Mathieu, elle l’a aidé quand il en avait le plus besoin, le formant à exceller dans le monde bdsm. Et c’est encore elle qui l’accompagnera pour s’affranchir de ce milieu.

J’ai vécu ce final sous haute tension, prenant la pleine mesure de la situation. Valéry K. Baran a réussi à me captiver du début à la fin, j’ai dévoré chaque épisode avec l’envie d’en savoir toujours plus sur le ressenti de nos héros. Elle a su nous offrir une histoire sulfureuse et très érotique sans jamais se départir de l’aspect psychologique essentiel à l’excellence de ce genre de récit. Je n’aime pas le sexe pour le sexe, j’aime voir au-delà même si le plaisir est présent lors de la lecture, il faut que cela m’apporte plus que des palpitations ^^ que cela titille aussi mon intellect et ma façon de voir le monde.

Le voyage initiatique de Claire prend fin avec cet ultime épisode. Qu’en ai-je pensé ? Et bien je dois dire que je ne pouvais pas être plus satisfaite de ce final. La réflexion de Claire est très aboutie, ses doutes et ses interrogations ont enfin trouvés des réponses et on la sent beaucoup plus sereine et maîtresse de son destin. Le couple qu’elle forme avec Mathieu est évident, maintenant qu’ils ont traversés ensemble toutes ces étapes, je peux dire que je suis heureuse. Pour eux et pour moi en tant que lectrice, car cette expérience de lecture m’a appris beaucoup de choses au-delà du divertissement. Que voulez-vous, je suis une grande curieuse et je ne mentirais pas le milieu bdsm m’intrigue, j’aime essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de ce genre de relation, moi qui suis 100% vanille ^^

En bref, [La révélation de Claire] plaira à tous les amateurs d’érotisme, c’est un final coup de cœur pour moi. Cette série ne nous vend pas que du sexe, elle nous promet de la réflexion, des émotions et des interrogations. Elle met en scène deux personnages charismatiques qui sont à la croisée des chemins. Claire et Mathieu m’ont vraiment captivée, étape après étape, pour mon plaisir et mon épanouissement personnel. Ce que j’aime dans ce genre de récit, c’est la dimension psychologique qui s’en dégage, c’est de voir au-delà des conventions et de comprendre l’essence même de ce genre de relation. Valéry K. Baran excelle dans ce genre, j’ai hâte de découvrir ses prochains écrits.


Extrait

Claire se noyait.

Elle vivait la perte de repères et la fascination, comme autant de vagues qui l’emportaient, la ballottaient, et dont elle suivait les va-et-vient sans ne jamais perdre des yeux Mathieu, là, devant elle. Et c’était si surprenant de le voir ainsi, de découvrir des pièces qui lui avaient manqué jusque-là, ces parties de lui-même, mystérieuses, inconnues, à peine entrevues. Elle en restait stupéfaite. Elle ne savait pas à quoi s’attendre avant d’entrer dans cette salle, et elle ne le savait toujours pas. Ce qu’avait énoncé la maîtresse – elle peinait plus que Mathieu, encore, à la désigner par son prénom – ne lui offrait pas d’accroche solide à laquelle se retenir.

Quant à Mathieu, il était somptueux.

Ce terme était inadéquat, étant donné ce qu’ils vivaient, mais là résidait peut-être le plus perturbant, justement : qu’elle puisse penser ainsi en le contemplant. Plus aucun bruit ne se faisait autour d’elle, attestant de la solennité de l’instant, du caractère inédit de la scène pour chacune des personnes l’entourant. Personne encore, sauf la maîtresse, n’avait jamais eu l’occasion d’observer Mathieu en tant que soumis.

Elle l’avait vu si souvent dominer ! Il était plus que splendide, à chaque fois : il débordait de puissance, alternait exigences et dons inattendus, mêlait dureté et douceur, et c’était comme une seconde peau pour lui, constitutif de sa nature même, les intonations de sa voix autant de chants de sirènes auxquels Claire se révélait incapable de résister.

Attaché, soudain, contraint et exposé, il n’en était pas moins splendide. C’était bien le plus extraordinaire. Même ainsi, il demeurait lui-même. Son activité physique plus soutenue des mois précédents rendait son torse plus attractif, la ceinture de son pantalon le dévoilant bas ; le dessin de ses muscles figurait autant de chemins qu’on avait envie de suivre des doigts. Et puis, il y avait ce contraste… La noirceur, dangereuse, de son regard, et ses mèches gorgées de soleil, reflet de sa dualité, entre ombre et lumière, désirs sombres et sourires chaleureux, pulsions de possession et offrandes.

La force qu’il incarnait, sur l’instant, elle ne l’avait jamais vue, ou jamais ainsi ; elle ne l’avait jamais ressentie si puissamment, alors qu’il portait pourtant des entraves. Au plus profond d’elle-même, au-delà de l’inquiétude qu’elle éprouvait pour lui, au-delà de la peur de ce qu’il allait advenir, au-delà de tout ce qui la contraignait, ses défenses, ses réserves, qui auraient pu la faire quitter la scène, fermer les yeux, ne pas vouloir voir ou même savoir, elle sentait une curiosité irrésistible.

Un désir intense, aussi. Elle ne pouvait se défendre de l’éprouver.

Mathieu l’intriguait, l’enflammait, ouvrait en elle des portes sur des désirs qu’elle ne s’attendait pas à trouver, tissant des liens nouveaux entre ce qu’il était et ce qu’elle-même était, profondément. Il n’était plus seulement celui qui dictait. Il était celui qui donnait autant qu’il prenait, celui qui s’offrait, comme elle l’avait fait tant de fois pour lui.

Quand la maîtresse s’avança vers lui, son attention en fut attirée dans l’instant, et elle sentit à quel point elle était sensible au moindre mouvement, au moindre son, au moindre vacillement des bougies autour d’eux. La maîtresse examina l’expression de Mathieu tout en déambulant autour de lui, et sa démarche était la représentation ultime de la puissance, de la volonté implacable et d’une attention surprenante en même temps. Claire ne s’était pas attendue à la voir le jauger ainsi.

Ce fut d’une voix douce qu’elle exigea enfin les mots attendus.

– Tes safewords ?

Mathieu lâcha un bref soupir.

C’était intime, pour lui, Claire le savait. Ils appartenaient à son jardin secret. Il n’avait jamais voulu les lui dire.

Il prit un temps, puis souffla :

– Renard.

– Et le deuxième ?

Il marqua une pause et dit enfin :

– Prince.

Immédiatement, Claire chercha à les analyser. Les mots étaient communs, mais ils revêtaient certainement une signification particulière. Elle songea tout de suite au Petit Prince de Saint-Exupéry. Peut-être parce qu’il s’agissait de ce livre qu’elle avait vu, posé sur la bibliothèque de Mathieu, la dernière fois où elle était allée chez lui, et dont l’usure des pages avait attiré son attention.

La première remarque qui lui vint fut que Mathieu, comme elle, avait choisi des noms de personnages plutôt que d’objets ou de lieux, personnages qui faisaient appel à la culture commune, qui s’ancraient dans l’enfance. La deuxième fut que le redressement relatif à sa relation avec la maîtresse dont il avait parlé ne correspondait pas à ce qu’induisait ce choix de mots. Dans Le Petit Prince, le renard a besoin d’être apprivoisé, pas dressé. Il a besoin d’être conquis et non pas maltraité. Elle se rappela la leçon, formulée avec une poésie inégalée.

« On ne voit bien qu’avec le cœur… L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Quel pouvait être cet « essentiel » à voir chez Mathieu ? Que n’avait-elle pas perçu ?

Je remercie Valéry K. Baran pour cette lecture. 

Retrouvez mes avis sur les tomes précédents. 

La révelation de Claire #1 - Explorer.

La révélation de Claire #2 - Fuir.

La révélation de Claire #3 - Céder.

A propos de MarleneEloradana

Marlène, trentenaire du sud de la France, véritable bookaddict, je ne suis jamais rassasiée quand il s'agit de lecture, dévoreuse de romances en tout genre mais surtout celles qui font vibrer et s'émouvoir au fil des pages.

2 commentaires sur “La révélation de Claire #4 – Rester > Valéry K. Baran

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