Confidences d’un maton > Francis Lopez

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105628466Editeur : La boite à pandore

Livre et Kindle : ICI

Cette réflexion inaugure un livre différent de tout ce qu’on a pu lire sur l’univers concentrationnaire. Car en tant que surveillant de prison et formateur de surveillants, il sait de quoi il parle. Non,  » on ne se serre pas la main en prison  » entre détenus et gardiens, signe qu’on ne pactise pas. Car comment accepter de serrer la main de quelqu’un qui à un moment est sorti de l’humanité ? L’administration ne l’interdit pas, mais c’est l’usage. Dans son témoignage, exceptionnel, Francis Lopez révèle l’envers du décor et démontre à quel point se sentir persécuteur génère des formes d’angoisse et de culpabilité. Loin de l’image du surveillant véhiculé par les médias ou la télévision, il raconte ses contacts avec les détenus, la matraque télescopique, les viols en prison, les révoltes, les collègues et les personnels auxilliares et les interrogations qui sont les siennes.

107634009_oUn témoignage surprenant où le monde, de façon étonnante, tourne à l’envers.

Francis Lopez avec son livre Confidences d’un maton, publié aux éditions la boite à pandore, nous offre un témoignage troublant du monde carcéral, pour moi parfaitement inconnu.

Une lecture difficile, parfois à la limite du supportable, où vous êtes confronté à la vie carcérale : agressions, insultes, suicides, de quoi vous donner la nausée. Ce livre est l’occasion d’appréhender un univers méconnu avec à la fois des choses à peine croyables comme ce détenu qui préfère vivre en prison plutôt que de retrouver le vide de la liberté : « il était seul au monde. Au moins en prison, me disait-il « j’existe, je rends service et on me considère. » » Ou encore cette tolérance de l’homosexualité, pratique répandue : « Même les plus réfractaires à l’homosexualité, dans ce contexte- là, curieusement, la tolèrent. »

Et puis il y a ce rapport de force constant entre les « taulards » et les « matons », ces derniers usant parfois de violence gratuite. Mais on découvre aussi le fait que ce métier ne permet pas, une fois rentré à la maison, de vivre en paix, livrer ses peurs étant comme un interdit.

On découvre encore les aberrations de l’administration pénitentiaires qui alors que ses agents sont agressés, presque tués par un détenu lors d’un transfert à l’hôpital, ne juge pas utile de déposer plainte en leur nom, au moins pour leur apporter son soutien. Le fonctionnaire assure sa mission au péril de sa vie et telle est la reconnaissance que l’administration lui témoigne.

Au-delà du fond, pas toujours facile à encaisser, le langage est courant, les nombreux chapitres alternent anecdotes éprouvantes et plus légères, ce qui facilite la lecture.

Si vous n’avez pas froid aux yeux et que vous souhaitez découvrir ce milieu si particulier, n’hésitez pas à vous plonger dans ce témoignage, qui vous immerge au cœur des prisons françaises.

J’en retiendrai cette citation : « la vengeance et la haine ne sont pas mes remèdes pour tenter d’atténuer mon traumatisme ».

 

Merci encore à la boite à pandore pour m’avoir permis cette découverte, celle du milieu carcéral, en service presse.

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